Montréal
11:04 12 mai 2020 | mise à jour le: 12 mai 2020 à 14:56 temps de lecture: 4 minutes

Artères commerciales: Montréal pressée de reporter les travaux «non-essentiels» à 2021

Artères commerciales: Montréal pressée de reporter les travaux «non-essentiels» à 2021
Photo: Josie Desmarais/Métro

Des élus de l’opposition officielle pressent la Ville de Montréal de reporter tous les travaux «non-essentiels» sur les artères commerciales au mois de mai 2021. Objectif: donner un peu d’oxygène aux restaurants, boutiques et autres commerces de proximité dont les opérations sont lourdement affectées par la pandémie.

«On vit une crise sans précédent et il faut prendre toutes les mesures pour sauver le plus d’entreprises. Il ne faudrait surtout pas ajouter une hécatombe commerciale. En tant que Ville, on se doit d’être responsable», implore le conseiller du district de Norman-McLaren, Aref Salem.

Celui-ci ajoute que la mesure serait facile à implanter, puisqu’elle ne coûterait rien à l’administration Plante. «Ce qu’on ne peut dépenser maintenant le sera l’année prochaine. Ça aiderait même la Ville à économiser en réalité, si on retarde d’une année l’emprunt de 100 M$ au Programme triennal d’immobilisations (PTI), juge l’élu. On ferait ainsi d’une pierre deux coups, en soulageant les finances et en soutenant nos commerçants.»

Les élus débattront des travaux sur les artères commerciales

Une motion sera déposée en ce sens au prochain conseil municipal, qui doit se tenir dans deux semaines, le 25 mai prochain. L’opposition somme également les autorités municipales d’encourager les arrondissements à reporter leurs travaux mineurs, lorsque possible.

«Si on ne fait rien devant la crise, on se trouve à accélérer la fermeture de certains restaurants.» -Aref Salem, conseiller et porte-parole de l’opposition en matière de développement commercial

Crise sanitaire oblige, la Ville n’a pas fait part des ses priorités en matière de travaux routiers pour la saison estivale jusqu’ici. Et selon Ensemble Montréal, c’est une opportunité unique de débattre de la nécessité des investissements.

«On a ici une opportunité en or de travailler tous ensemble pour réorganiser le calendrier. Il faut déterminer stratégiquement quels chantiers, sur quelles artères, pourraient être reportés. On ne doit pas passer à côté de ça», martèle M. Salem, disant vouloir anticiper la «pression supplémentaire» qui reposera sur le dos des commerçants locaux.

Mauvaise idée, tranche la Ville

Appelée à réagir, la porte-parole au cabinet de la mairesse de Montréal, Catherine Cadotte, est sans équivoque. «Cette proposition démontre une certaine incompréhension des impacts de ce scénario sur les infrastructures souterraines et les autres chantiers. La priorisation des travaux est faite selon le degré d’urgence, et évite à la Ville de défrayer des coûts supplémentaires liés aux réparations d’urgence et aux bris de contrats», affirme-t-elle.

La Ville assure toutefois que la poursuite des travaux «se fera de façon à ne pas impacter davantage les commerçants qui doivent s’adapter aux contexte de la pandémie». Le son de cloche est similaire pour le consultant en développement commercial chez Ryan Affaires Publiques, Glenn Castanheira. «C’est très rarement une bonne idée de reporter des travaux», explique-t-il.

«Si votre sous-sol est inondé, vous n’allez pas attendre que la famille vienne vous visiter pour refaire votre pelouse. Vous le faites pendant que ça va mal. C’est la même logique avec les artères commerciales. C’est maintenant c’est le temps de faire les travaux. Ce n’est pas lors de la relance économique que ce sera le temps», ajoute M. Castanheira.

«En résumé, il faut qu’on soit prêts à recevoir la visite quand elle arrivera.» -Glenn Castanheira, consultant en développement commercial

L’absence de la clientèle touristique constitue un autre argument pour faire les travaux dès maintenant, selon M. Castanheira. «La seule clientèle en est une de proximité. Elle n’est pas repoussée par les chantiers sur les artères commerciales. Votre épicerie du coin, qu’il y ait une pépine ou pas devant, vous y allez quand même», illustre-t-il.

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