Montréal
05:00 5 juin 2020 | mise à jour le: 4 juin 2020 à 23:58 temps de lecture: 4 minutes

Montréal «au cœur» de la Journée mondiale de l’environnement

Montréal «au cœur» de la Journée mondiale de l’environnement
Photo: Josie Desmarais/MétroLe directeur général d'Espace pour la vie, Charles‐Mathieu Brunelle, devant le Jardin botanique de Montréal.

Qui dit 5 juin, dit Journée mondiale de l’environnement. Et cette année, la date est toute spéciale pour Montréal, qui sera ville hôte de cet événement d’envergure en Amérique du Nord. Le directeur général d’Espace pour la vie, Charles-Mathieu Brunelle, en sera au cœur, lui qui organise avec son équipe un colloque en ligne auxquels assisteront plusieurs personnalités politiques et scientifiques.

«Le thème cette année, c’est la biodiversité. Et ça tombe bien. Pour se mettre en action pour l’environnement, il faut avoir un certain état d’esprit. On veut réfléchir ensemble aux moyens d’adopter des gestes responsables», explique le principal intéressé, en entrevue avec Métro.

Entièrement en ligne, une conférence réunira vendredi la mairesse de Montréal, Valérie Plante, deux ministres fédéraux, ainsi que le chercheur américain Stanley Asah, spécialisé en comportements «pro-environnementaux», et la spécialiste de l’écoanxiété, Anne-Sophie Gousse-Lessard.

«Plus que jamais, nous devons repenser notre rapport avec la nature. La pandémie de la COVID-19 nous invite à repenser notre relance économique et sociale, en faisant une place importante à la résilience de nos villes.» -Valérie Plante, mairesse de Montréal

La ministre du Développement économique, Mélanie Joly, veut pour sa part conjuguer écologie et économie, alors que les pertes d’emploi s’accumulent au pays. «On doit discuter des moyens d’amener les gens à reconnaître l’importance de lutter contre les changements climatiques dans un contexte de crise économique», dit-elle. Sa «grande préoccupation» est que la crise soit une source de création d’emplois.

«Dans plusieurs régions, les gens vivent de l’exploitation des ressources naturelles, qui est cyclique. Quand le cycle est à la baisse, la ville au complet est affectée. Présentement, on a une opportunité de créer un secteur touristique qui pourrait contrer ces cycles-là, en créant plus d’emplois en régions», ajoute l’élue fédérale.

Aller plus loin pour l’environnement

Avec son panel «diversifié», M. Mathieu-Brunelle entend aller «plus loin» que les priorités du monde politique. «Ce qu’on veut, c’est créer un engouement pour les projets qui en font plus pour la planète. L’idée, c’est que ce ne soit pas juste un coup de célébration, mais le début de quelque chose», dit-il.

«La pandémie a mis en valeur cette volonté de prendre soin des autres. Toutes ces personnes qui sont allées dans les CHSLD le témoignent. On veut explorer ces mécanismes qui déclenchent les passions.» -Charles Mathieu-Brunelle, d’Espace pour la vie

Pour plusieurs experts, la crise de la COVID-19 est aussi liée à la perte de biodiversité à travers le monde. «C’est pour ça qu’on veut avoir une conversation plus orientée sur ce qu’on peut faire, en tant qu’humains», illustre celui qui gère notamment le Jardin botanique.

Des solutions concrètes demandées

«Il faut entendre des propositions et des solutions concrètes à la crise climatique.» Chez Greenpeace, le porte-parole Patrick Bonin demande aux autorités de profiter de la Journée de l’environnement pour se mobiliser.

Alors que des plans de relance sont mis sur pied au Québec et au Canada dans la foulée du déconfinement, les gouvernements doivent selon lui réaliser qu’on ne doit pas «revenir à la normale» en matière d’environnement.

«Ça nous prend l’équivalent d’un new deal vert. On doit se requestionner sur la manière dont on surconsomme et on produit. La crise climatique n’a pas ralenti depuis le coronavirus.» -Patrick Bonin, de Greenpeace Québec

Augmentation des aires protégées et des espaces verts en ville, subventions en agriculture locale, interdiction des plastiques à usage unique, barrières à l’expansion des infrastructures pétrolières; les solutions sont «multiples», illustre M. Bonin.

«Si on est sérieux dans la l’intention de protéger la santé de nos populations, il y a des moyens de créer de bons emplois verts», conclut-il.

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