Montréal
13:50 9 juillet 2020 | mise à jour le: 9 juillet 2020 à 15:37 temps de lecture: 4 minutes

«Pseudo-pandémie»: un chauffeur de la STM arrête de nettoyer son bus

«Pseudo-pandémie»: un chauffeur de la STM arrête de nettoyer son bus
Photo: Archives MétroAu cours des prochaines semaines, des «panneaux de protection pour les chauffeurs» seront installés dans les bus, au fil et à mesure que l’embarquement des passagers par l’avant pourra reprendre.

Un chauffeur de la Société de transport de Montréal (STM) soulève l’indignation sur les réseaux sociaux pour avoir affirmé que le coronavirus n’est «pas plus dangereux qu’une grippe» et que cette «pseudo-pandémie» avait pour principal objectif d’effrayer, voire de contrôler la population. Il laisse notamment entendre que pour ces raisons, il ne désinfectera plus son bus.

«Au début de cette pseudo-pandémie, j’arrivais une demi-heure avant mon quart de travail pour désinfecter mon autobus et je m’étais fait une barrière afin d’empêcher les passagers de me parler […]. De plus, je me lavais les mains minimum 20 fois par jour», écrit Christian Lachance sur sa page Facebook, dans une publication qui a depuis été supprimée du Web.

L’employé de la société de transport affirme toutefois s’être aperçu, avec le temps, «que quelque chose ne tournait pas rond et clochait». «Ils n’arrêtaient pas d’annoncer des morts et au garage Mont-Royal (chauffeurs et employés), clients et amis, famille et environnement, personne ne l’avait», soutient-il.

«Je ne désinfecte plus mon autobus, car c’est une fausse pandémie.» -Christian Lachance, salarié de la STM

«Après un mois, j’ai commencé à faire mes recherches», renchérit le chauffeur, soulignant que ce virus n’est «pas plus dangereux qu’une grippe», surtout si «nous avons un bon système immunitaire». Il avoue toutefois que la situation est différente pour des personnes aux prises avec des problèmes de santé. Sur les réseaux sociaux, M. Lachance se positionne ouvertement contre le port du masque. Dans l’une de ses publications, on lit par exemple: «respirer librement, c’est vivre librement. Ne laissons pas cette habitude devenir une norme sociale».

«Un suivi sera fait», assure la STM

Jointe par Métro, la porte-parole de la société de transport, Amélie Régis, affirme qu’«un suivi sera fait auprès de ce chauffeur» au cours des prochains jours.

«De tels comportements ne nous ont jamais été rapportés. Bien sûr, nous demandons également à nos employés de suivre les recommandations de la santé publique et les règles d’hygiène.» -Amélie Régis, porte-parole de la STM

L’organisation refuse, à ce stade-ci, de dire si elle imposera des sanctions disciplinaires à son chauffeur. «Ce n’est pas le genre d’information que nous dévoilons comme il s’agit de régie interne. Mais il est dans notre habitude de rencontrer des employés pour leur rappeler les consignes en vigueur», explique Mme Régis, disant vouloir apporter des changements rapidement.

Depuis le début de la crise, la direction affirme qu’elle a mis les bouchées doubles pour suivre les consignes sanitaires et «adapté nos méthodes et nos lieux de travail». «Tous nos bus sont lavés quotidiennement par nos équipes. Nous avons privilégié l’embarquement par les portes arrière dans les bus pour favoriser la distanciation physique entre les clients et le chauffeur», illustre la porte-parole.

Au cours des prochaines semaines, des «panneaux de protection pour les chauffeurs» seront installés dans les bus, au fur et à mesure que l’embarquement des passagers par l’avant pourra reprendre.


Le RTL baisse son offre de service

Hier, Métro révélait que le Réseau de transport de Longueuil (RTL) n’aura d’autre choix que de réduire son offre de service de 15% et de procéder à des mises à pied en septembre afin de compenser les pertes financières engendrées par la pandémie du coronavirus.

À l’instar des autres sociétés de transport du Grand Montréal, le RTL, qui dessert la Rive-Sud, a connu une chute de son achalandage de 70 à 80% dans les derniers mois. À cela s’ajoutent des dépenses sanitaires importantes. La société de transport a notamment distribué des milliers de masques à ses usagers et à ses employés.

«Les autobus roulent avec beaucoup moins de monde qu’à l’habitude. On s’attendait à ce qu’à un moment donné, on doive s’ajuster», avance directeur général du RTL, Michel Veilleux.

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