Montréal
12:21 14 février 2013

Montréal et sa petite révolution cycliste

Le Salon du vélo de Montréal, qui commence vendrdi, est le reflet de la vitalité du vélo à Montréal. Au-delà du BIXI et de l’augmentation du nombre de pistes cyclables, la «révolution» montréalaise prend aussi d’autres avenues moins connues.

Un modèle d’affaire à deux roues

On peut faire des affaires, même à bicyclette. Il y a d’abord eu, en 2008, les déménageurs à vélo de Chez Myette, qui revendiquent près de 1500 déménagements depuis cinq ans.

On a ensuite vu, en 2011, les mini-épiceries roulantes de Fruixi, qui livreront cette année encore des paniers biologiques.

L’année dernière, c’est Hochelaga-Maisonneuve qui s’est distingué avec ses cinq Vélopousse, permettant de visiter les points touristiques du quartier en attendant d’avoir de réels vélos-taxis à Montréal.

Le printemps 2013 marquera le retour de la livraison de bouffe à vélo. Les restaurants La Panthère verte inaugureront leur service Panthère mobile.

«Faire des livraisons à vélo, ça correspond tout à fait à notre vision, qui est d’offrir de la nourriture bio et végétalienne, dans des contenant réutilisables ou compostables», indique Alexandre Harvey, à l’origine du projet.

Signe que le marché du vélo est un secteur en pleine croissance, «le Salon du vélo compte cette année plus de 200 exposants, quatre fois plus qu’il y a 11 ans pour la première édition» se félicite Jean Dubé, organisateur de l’évènement depuis 2002. Ce dernier note d’ailleurs que de plus en plus de fondations font appel à la bicyclette pour leurs levées de fonds.

Des sujets qui fâchent

Beaucoup plus nombreux depuis quelques années, les cyclistes montréalais n’hésitent pas désormais à se regrouper pour se faire entendre. Ce nouveau rapport de force cause plusieurs irritants avec les piétons et les automobilistes en ce qui a trait au partage de la voie publique. Par exemple, en décembre dernier, un cycliste a été tabassé par un automobiliste impatient.

Dans plusieurs autres dossiers épineux, les décisions tardent à se prendre et les cyclistes n’hésitent pas à le faire savoir.

Par exemple, la création de sentiers officiels dédiés au vélo de montagne sur le Mont-Royal est au point mort depuis 2009.

Dans le dossier des pistes cyclables, la consultation publique sur le partage des pistes cyclables a donné «peu de résultats concrets, même si l’initiative était louable», note Simon Carreau, animateur du compte Twitter RoulerMontréal. Malgré la volonté affichée d’en limiter l’accès, joggeurs et scooters électriques continuent donc de circuler sur le réseau, profitant ainsi d’un flou de la règlementation.

Bonne nouvelle par contre, les pistes cyclables sont bien mieux déneigées l’hiver et, petit à petit, la STM cesse de voir les cyclistes comme des importuns. Ainsi, des portes vélos à l’avant des autobus seront désormais déployés sur trois lignes et une voie réservée au autobus sera ouverte au cycliste sur la rue Viau dans le cadre d’un projet-pilote.

Trois tendances à surveiller en 2013

  • Les vélos cargo. Ils font fureur à Copenhague avec leur caisson sur le devant, mais coûtent cher à importer. Cycle Union offrira un modèle montréalais ce printemps.
  • L’essor de l’électronique. À l’image de la Formule 1, les changements de vitesse géré par un microprocesseur commencent à se répandre. Les cyclistes geek seront ravis.
  • Les vélos stations. L’AMT inaugurera ce printemps un abri sécurisé de 80 places à la gare de Deux-Montagnes. Les banlieusards n’auront bientôt plus d’excuses!