Montréal
11:52 2 décembre 2020 | mise à jour le: 2 décembre 2020 à 17:13 temps de lecture: 2 minutes

Itinérance: la survie en hiver pour les nomades du campement Notre-Dame

Itinérance: la survie en hiver pour les nomades du campement Notre-Dame
Photo: Emmanuel Leroux-Nega/MétroMétro a visité le campement de la rue Notre-Dame récemment.

Mercredi 25 novembre, première neige à Montréal. Près d’une centaine de personnes vivant toujours dans des tentes longeant Notre-Dame doivent affronter le froid qui s’installe.

La plupart sont prêts et organisés. À quelques mètres du campement central, Pierre Martel et Jose David viennent à peine d’arriver et ils ont déjà tout le matériel nécessaire pour passer l’hiver.

«On est en santé. On peut même écouter des films dans notre tente et on a deux chargeurs solaires portatifs qui sont bons pour trois jours. On n’a pu vraiment besoin de grand-chose et on a la paix, contrairement aux hébergements pour sans-abri», mentionne Pierre Martel en souriant.

Son plus récent achat est un radiateur au propane de 18 000 BTU pouvant réchauffer jusqu’à 450 pieds carrés.

Rester au chaud

Jacques Brochu, un sexagénaire qui vit dans le campement depuis le 5 juillet, possède un modèle typique de tente pour faire du camping hivernal, selon Tommy Boucher, bénévole au campement Notre-Dame.

«J’ai trouvé un modèle de tente de 1957. J’ai piqué plus creux dans la terre des poteaux supplémentaire pour la solidité, plus deux bâches de transport à double feutre et par-dessus, j’ai mis des feuilles d’isolation en mousse, avec une bâche supplémentaire où on peut déjà voir la condensation», mentionne M. Brochu.

À l’intérieur, des lampions chassent l’humidité. Normalement, M. Brochu maintient environ sept lampions pendant qu’il mange. Il suggère d’en laisser continuellement six à sept lorsqu’il fera -20°C.

«Il me reste à faire l’isolation de la porte afin d’être bien au chaud. Même s’il fait –30°C dehors, il fera 20°C à l’intérieur de ma tente. Avec les méthodes que j’emploie, ça me permet d’être en santé, même que je n’ai jamais été aussi en santé de ma vie», mentionne l’homme.

Retraité de l’armée canadienne depuis un an, Vincent Charest affirme que les techniques d’isolation de M. Brochu sont plus qu’adéquates.

«Ces gens-là sont plus équipés que ce qu’on nous apprend à l’armée!», lance-t-il en entrevue téléphonique.

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