Montréal
13:28 24 novembre 2020 | mise à jour le: 24 novembre 2020 à 13:33 temps de lecture: 5 minutes

Itinérance: la STM offre un autobus à la Mission Old Brewery

Itinérance: la STM offre un autobus à la Mission Old Brewery
Photo: Zacharie Goudreault/ MétroLa mairesse de Montréal, Valérie Plante, pose en compagnie du président de la STM, Philippe Schnobb, et du président de la Mission Old Brewery, James Hugues, devant le «Solidaribus», mardi.

La Société de transport de Montréal (STM) a annoncé mardi avoir offert un bus à la Mission Old Brewery afin de faciliter le transport de personnes en situation d’itinérance vers des refuges, alors que la Ville souhaite voir les campements de fortune se vider dans les prochains jours.

Ce véhicule au diesel, qui a plus de 16 ans d’âge, sillonnera les rues du centre-ville chaque jour cet hiver, de 16h à 10h le lendemain, à partir du 30 novembre. Ce «Solidaribus» pourra ainsi transporter quotidiennement une centaine de personnes en situation d’itinérance ou de vulnérabilité vers les différentes ressources d’urgence mises en place au coeur de la métropole. Il s’agit notamment du refuge aménagé dans l’Hôtel Place Dupuis, qui peut accueillir jusqu’à 380 personnes. Un centre de jour a aussi vu le jour au Grand Quai du Port de Montréal. Il peut accueillir jusqu’à 300 personnes par jour.

«Nous voulons vraiment pouvoir offrir une place [dans un refuge] à tous ceux qui en veulent une», a déclaré mardi le président-directeur général de la Mission Old Brewery, James Hugues, lors d’une conférence de presse tenue mardi avant-midi à la station de métro Place-des-Arts. Dans le cadre de cette entente, la STM assurera l’entretien du bus, qui se démarque par ses couleurs vives. La Ville de Montréal assumera pour sa part le salaire du chauffeur et les frais de carburant. Le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal a par ailleurs accordé un financement pour assurer le salaire de l’intervenant de la Mission Old Brewery qui sera présent à bord de ce bus.

«On veut aller chercher les gens et les amener vers les bonnes ressources, et le fait de le faire avec un grand bus, ça va faciliter le respect de la distanciation physique», a indiqué à Métro mardi le président de la STM, Philippe Schnobb.

Vers la fin des campements?

Présente à cette conférence de presse, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a annoncé le début d’une opération de «mise à l’abri solidaire et volontaire». Celle-ci vise notamment à guider les sans-abris qui occupent le campement de la rue Notre-Dame vers les différentes ressources en place.

«On veut vraiment accompagner les gens pour leur dire “sur le long terme, ce n’est pas tenable”, donc venez nous voir pour profiter d’une place au chaud […] On va entreposer votre matériel et vous serez en sécurité», a affirmé Mme Plante. Cette opération, qui aura lieu tout au long de la semaine, s’adresse également aux autres campements de moins grande envergure en place ailleurs dans la métropole, a précisé Mme Plante.

La mairesse assure toutefois qu’elle ne prévoit pas utiliser une approche «bulldozer» ou encore la «force» pour déloger les résidents de ces campements de fortune.

«Moi, ma volonté, c’est que personne ne dorme dehors cet hiver», a assuré Mme Plante. Elle a toutefois reconnu que certaines personnes pourraient prendre la décision de rester dans leur tente malgré tout au cours des prochains mois.

«On a ouvert des sites et on leur donne un moyen d’y aller. Maintenant, c’est à eux à faire leur bout de chemin», a-t-elle ajouté au sujet des itinérants qui se trouvent encore dans des campements actuellement. Elle a d’ailleurs souligné que le chauffage des tentes avec l’arrivée de l’hiver augmente les risques d’incendie, ce qui pose un enjeu de sécurité.

Des logements réclamés pour contrer l’itinérance

Au total, cet hiver, 1650 places ont été débloquées pour les personnes n’ayant pas d’endroit où dormir. En plus des refuges d’urgence, des haltes-chaleur ont aussi été annoncées dans plusieurs arrondissements de la métropole, incluant entre autres Montréal-Nord et le Sud-Ouest.

Or, ce que certains itinérants souhaitent, c’est d’avoir accès à un logement, rappelle à Métro la directrice des services à la Mission Old Brewery, Émilie Fortier.

«On a été capables depuis mars de mettre en place [de nombreux] sites d’hébergement d’urgence avec du matériel et du personnel […] Si on est capables de faire ça, je ne voix pas pourquoi on ne pourrait pas placer des gens dans des logements», estime-t-elle.

«Si la même énergie était mise par les différentes instances dans des solutions plus permanentes, comme le logement, je suis pas mal certain qu’on y arriverait comme société montréalaise.» –Émilie Fortier, directrice des services à la Mission Old Brewery

Une équipe mixte dans le métro

Chaque année, le nombre de personnes en situation d’itinérance dans le réseau du métro augmente à l’approche de la saison froide. Afin de guider ces personnes vers les bonnes ressources disponibles, une nouvelle équipe mixte est en fonction depuis hier. Celle-ci est constituée d’une policière, d’un inspecteur de la STM et d’un intervenant social de la Société de développement social.

«On va s’assurer d’abord que la personne qui est dans le besoin connaît les ressources qui s’offrent à eux», a évoqué à Métro le chef de la Section métro de Montréal au Service de police de la Ville de Montréal, Marc-André Dorion.

La STM entend doubler d’ailleurs le nombre d’intervenants sociaux qui accompagneront le soir ses inspecteurs de la Sureté et contrôle en patrouille de première ligne dans le métro. Les inspecteurs suivront aussi des formations à titre d’intervenants sociaux afin qu’ils puissent mieux comprendre et soutenir les personnes dans le besoin avec lesquels ils interagissent régulièrement.

«Ça s’inscrit dans toute une stratégie pour changer l’approche des inspecteurs [avec les personnes vulnérables]», a évoqué M. Schnobb.

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