Montréal

Armes de poing: opposition «unanime» au projet de loi fédéral

La mairesse de Montréal, Valérie Plante. Photo: Josie Desmarais/Métro

La décision du gouvernement fédéral de reléguer aux municipalités la responsabilité d’encadrer les armes de poing sur leur territoire a reçu une opposition «unanime» des municipalités du Québec, avec Montréal en tête de liste.

«Il y a des citoyens qui vont se sentir en sécurité dans leur ville et d’autres non parce que ce ne sont pas toutes les villes qui ont la même capacité de gérer des enjeux de cette ampleur-là. Donc, de créer des classes de citoyens, je trouve ça inacceptable», a déclaré jeudi la mairesse de Montréal, Valérie Plante, au micro de l’émission de radio Tout un matin, sur ICI Première.

Mardi, le gouvernement de Justin Trudeau a présenté son projet de loi C-21, qui vise à resserrer l’encadrement des armes à feu au pays. Celui-ci prévoit notamment la mise en place d’un programme de rachat volontaire des armes d’assaut de type militaire, bannies en mai dernier.

Quant aux armes de poing, Ottawa relègue la responsabilité aux municipalités qui le souhaitent la responsabilité d’interdire celles-ci, en restreignant leur transport et leur entreposage sur leur territoire. Le gouvernement fédéral promet néanmoins d’appliquer des peines sévères aux personnes qui défieront ces éventuelles interdictions municipales.

«J’ai l’impression qu’on nous pellette un problème», a déploré Mme Plante, qui estime qu’une telle responsabilité «sort du cadre municipal».

Le comité exécutif de la Communauté métropolitaine de Montréal, que préside Mme Plante, a d’ailleurs adopté à l’unanimité jeudi une résolution afin d’informer Ottawa de son opposition à sa décision de reléguer cette responsabilité aux municipalités.

Hausse des fusillades

Ce projet de loi survient d’ailleurs alors que le nombre de fusillades est en hausse à Montréal, particulièrement dans le Nord-Est de la métropole. Au début du mois, une jeune femme de 15 ans a perdu la vie à Saint-Léonard en raison de coups de feu tirés en direction d’une voiture dans laquelle elle se trouvait.

«Le projet de loi ne réduira en rien le nombre de ce type de crimes [commis par armes à feu] en nette progression sur le territoire montréalais», a déploré mercredi le chef intérimaire d’Ensemble Montréal, Lionel Perez. À l’instar de Mme Plante, M. Perez aurait souhaité que le gouvernement fédéral annonce une interdiction pan-canadienne des armes de poing. Une demande que partage aussi l’Union des municipalités du Québec (UMQ).

«C’est unanime dans le milieu municipal, il faut resserrer le contrôle sur les armes à feu pour lutter contre la criminalité. Cependant, le gouvernement fédéral doit prendre l’ensemble de ses responsabilités. Il faut des règles uniformes définies par Ottawa», indique une déclaration publique émise mercredi. C’est une question de «cohérence», estime l’UMQ, qui demande à Ottawa de «réviser sa position».

Québec souhaite interdire les armes de poing

Valérie Plante s’est toutefois dite «très heureuse» de la mobilisation de Québec dans ce dossier. Mercredi, les élus de l’Assemblée nationale ont adopté à l’unanimité une motion qui demande au gouvernement fédéral de donner le pouvoir au gouvernement Legault d’interdire les armes de poing dans l’ensemble de la province.

«Si on veut éviter une application à géométrie variable, on doit avoir une application sur l’ensemble du territoire. Je pense que ça devrait être pour le Canada, mais au moins pour le Québec s’il le faut», a réagi Mme Plante.

Montréal aurait «la capacité» d’interdire les armes de poing

Valérie Plante a néanmoins reconnu jeudi que la métropole est probablement «la mieux placée» pour interdire les armes poing sur son territoire, puisque Montréal dispose de son propre corps de police. «Mais est-ce qu’on le veut au final?», a lancé la mairesse.

«On ne pourrait pas dire à Montréal, il n’y a pas d’armes ou on doit les entreposer de façon très stricte […] et là, on traverse le fleuve et on se retrouve dans une autre municipalité où c’est le Far West. C’est inacceptable», a renchéri Mme Plante au micro de Patrick Masbourian.

Mme Plante rencontrera vendredi le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, pour lui faire part de ses préoccupations.

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