Montréal
17:17 21 avril 2021 | mise à jour le: 21 avril 2021 à 18:04 temps de lecture: 4 minutes

Intervention musclée dans le métro: la STM engage un expert indépendant

Intervention musclée dans le métro: la STM engage un expert indépendant
Photo: Capture d’écranDans la vidéo publiée sur Twitter, on peut voir plusieurs témoins tenter d'intervenir.

À la suite de l’intervention musclée des inspecteurs de la Société de transport de Montréal (STM) envers une femme noire, qui avait été filmée dans le métro samedi dernier, la STM fait appel à un avocat spécialisé en déontologie policière pour évaluer l’usage de la force.

Les conclusions préliminaires de l’enquête interne, incluant une étude des diverses bandes vidéos disponibles, indiquent que l’intervention des inspecteurs de la STM a suivi les règles de l’emploi de la force enseignées à l’École nationale de police du Québec.

Cependant, un expert indépendant a été engagé pour s’assurer de l’exactitude de ces conclusions préliminaires et appuyer dans l’enquête. «La STM a demandé à Me Gaggino d’auditer l’analyse et est ouverte à accueillir et mettre en place les recommandations qui pourraient en découler», indique-t-on par voie de communiqué.

Des images «choquantes»

La vidéo diffusée sur Twitter, dans laquelle on peut voir deux agents de la STM frapper au visage à plusieurs reprises une femme au sol, a choqué plusieurs internautes.

Dans un communiqué diffusé lundi matin, la STM se justifiait en avançant que la dame aurait mordu les policiers tellement fort que ces derniers avaient eu besoin de soins d’urgence. L’origine de l’intervention serait dû au fait que l’usagère n’avait pas payé son droit de passage, avait aussi expliqué la STM.

Selon nos informations, la personne interpellée est une immigrée récemment arrivée au Canada. Elle aurait passé la nuit de samedi à dimanche à l’hôpital.

Le président du conseil d’administration de la STM, Philippe Schnobb, reconnait que ce qui s’est passé peut paraitre choquant.

«Nous lisons, écoutons et voyons ce qui est dit et publié et constatons que la relation entre nous et nos clients est ébranlée par la teneur de la vidéo. À titre de transporteur public, conserver la confiance et maintenir le sentiment de sécurité de nos clients sont essentiels, c’est pour cette raison que nous faisons appel à un expert externe indépendant», a-t-il déclaré.

De son côté, le directeur général de la STM, Luc Tremblay, rappelle que ses inspecteurs exercent un «métier complexe».

«Je souhaite que nous nous penchions sur ce qui a mené à cette intervention et à ce qui pourrait être fait pour réduire le besoin de recourir à ce type d’approche dans le futur», ajoute-t-il.

Par souci de transparence et de neutralité, la STM indique qu’elle ne commentera pas davantage l’événement, à ce stade, pour permettre à l’expert indépendant d’accomplir son mandat.

Bientôt plus de pouvoir aux inspecteurs

Rappelons que, dès juillet, le statut d’inspecteur changera progressivement à celui de «constable spécial».

Cela signifie qu’ils pourront arrêter une personne ayant commis un acte criminel, ou intervenir auprès d’une personne soupçonnée de gestes de harcèlement, dans l’ensemble du réseau de la STM, sans attendre les renforts du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Ce nouveau statut s’accompagnera d’une bonification de leur formation, qui s’étendra sur un an.

«Les constables seront également assujettis à la Loi sur la police, et donc à l’autorité du Commissaire à la déontologie policière. Le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) pourra aussi être saisi d’une enquête, selon les modalités prévues à la Loi sur la police», précise la STM dans son communiqué.

Le ministre Charette invite à filmer les interventions

Dans la foulée du verdict rendu mardi dans l’affaire George Floyd, le ministre québécois responsable de la Lutte contre le racisme a invité les Québécois à sortir leurs téléphones pour filmer des interventions policières qu’ils jugent «inappropriées».

«Les citoyens qui pensent être témoins de gestes inappropriés sont tout à fait dans leurs droits de filmer et de rendre les vidéos publiques», a indiqué M. Charette, interrogé sur la question par des journalistes.

Selon lui, une vidéo peut aider à tracer la ligne dans certains cas, et notamment dans celui survenu dans le métro samedi dernier. C’est aussi pour cette raison que Québec étudie la mise en place de caméras corporelles dans les corps policiers de la province, a précisé le ministre.

Articles similaires