Montréal

Verdun: des manifestants pour le logement attendaient les candidats à la mairie

Des manifestants attendent l'arrivée des candidats à la mairie de Verdun. Photo: Katrine Desautels, Métro

«On veut des logements sociaux pour se loger comme il faut» ou encore «la soif de profit du privé n’a rien à faire des mal-logés» sont des slogans que l’on pouvait entendre mardi soir devant la Maison de la culture de Verdun où se tenait un premier débat entre les candidats en lice pour la mairie de Verdun. 

La manifestation a été organisée par la candidate indépendante pour le poste de conseillère d’arrondissement dans le district Desmarchais-Crawford, Rosalie Bélanger-Rioux.

Pour ceux qui ne la connaissent pas, cette résidente de Verdun enseigne les mathématiques à l’Université McGill. De plus, elle s’investit beaucoup pour militer contre la gentrification dans l’arrondissement entre autres en étant coordonnatrice de la campagne «Nos quartiers ne sont pas à vendre» du groupe politique Alternative socialiste. 

Des membres de la campagne «Nos quartiers ne sont pas à vendre» lors de la manifestation.

L’objectif de la manifestation était d’envoyer un message clair à la prochaine personne qui sera élue maire, qu’il faut des solutions maintenant pour le logement à Verdun, relate la militante. En tant que candidate indépendante, son but est de mettre de la pression sur les élus du conseil d’arrondissement et faire entendre la voix des citoyens.

Que je sois élue ou non, je vais continuer à [militer pour le logement]. C’est une priorité d’organiser les gens, c’est notre rapport de force contre ceux qui ont beaucoup d’argent, qui eux, ont le pouvoir de l’argent.

Rosalie Bélanger-Rioux, candidate

Insatisfaction des partis politiques 

La Verdunoise est insatisfaite des deux principaux partis par rapport à leur proposition en matière de logement social. Elle se désole du candidat d’Ensemble Montréal, Antoine Richard, qui a récemment fait couler beaucoup d’encre à propos de flips immobiliers qui lui aurait rapporté 471 000$ en quelques mois. 

«En ce moment comme candidat à la mairie, il y a Antoine Richard, qui a peut-être des pratiques immobilières douteuses, et qui a fait beaucoup de profit. Comment pense-t-il pouvoir bien représenter les gens de Verdun, dont le revenu médian en 2017 était d’environ 55 000$ par ménage/an?», critique Mme Bélanger-Rioux. 

Si elle devient conseillère d’arrondissement, elle s’engage à conserver seulement l’équivalent d’un salaire moyen et à faire don du reste de sa rémunération d’élue à des causes sociales.

Du côté de Projet Montréal, il y a aussi des problématiques en ce qui a trait au logement social, estime Rosalie Bélanger-Rioux. Elle insiste sur le fait que cela a été très long avant qu’il y ait le règlement pour une métropole mixte, mieux connu sous le nom 20-20-20. Ce règlement demande aux promoteurs privés d’inclure dans leur projet 20% logement social, abordable et familial.

«Il y a beaucoup de façons dont ça peut être contourné. Les compensations à payer pour ne pas avoir à construire de logements sociaux sont assez minimales. Surtout avec le prix des bâtiments, si la Ville veut utiliser l’argent pour construire ça ne sera pas assez», dénonce la candidate. 

Le règlement 20-20-20 devra être appliqué dans le secteur Dupuis-Hickson qui est appelé à connaître une transformation au cours des prochaines années. Mme Bélanger-Rioux s’inquiète toutefois que les promoteurs paient la pénalité plutôt que construire du logement social. 

Elle désire aussi que l’arrondissement établisse des cibles claires de logements sociaux ainsi que d’espace vert et communautaire. «Les promoteurs vont soumettre leurs projets, qui seront sans doute acceptés, et finalement ce sont quasiment eux qui vont décider de ce qui va se passer dans le secteur plutôt que la population», appréhende la résidente.

Vos nouvelles 100% locales, recevez-les chaque jour.

Nos infolettres vous suivent partout.

Articles récents du même sujet