Vision Montréal accusé de payer ses dettes avec l’argent des contribuables
La campagne électorale semble être commencée à l’hôtel de ville de Montréal. Les deux partis d’opposition se sont échangés les premiers coups jeudi matin.
Projet Montréal a tiré le premier en accusant Vision Montréal de rembourser sa dette électorale avec l’argent des contribuables. Au cours des trois dernières années, le parti dirigé par Louise Harel a obtenu 166 000$ des enveloppes budgétaires que la Ville de Montréal accorde aux partis politiques pour payer les intérêts de sa dette chiffrée à près de 650 000$ en décembre dernier.
«C’est légal, mais ce n’est pas éthique», a indiqué le leader de Projet Montréal, Marc-André Gadoury. Il entend demander au Directeur général des élections du Québec de se pencher sur l’article 449 de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités pour que le remboursement des dettes électorales à même les fonds publics soit interdit.
Vision Montréal a rapidement répliqué à la sortie de son adversaire en affirmant que ces remboursements sont conformes à la loi électorale. «Projet Montréal est désespéré, a lancé la porte-parole du parti de Louise Harel, Militza Jean. C’est une nouvelle que Projet Montréal répète à chaque année.»
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Projet Montréal a aussi relevé que les Montréalais ont payé une facture d’alcool de plus de 200$ accumulée lors d’un cocktail de Vision Montréal ainsi que des frais imposés pour avoir remis un chèque sans provision.
Louise Harel a précisé par communiqué qu’elle n’a jamais signé de chèque sans provision. «Cependant, la Ville de Montréal a commis une erreur en remboursant 180$ en dépense d’alcool à Vision Montréal. Devant cette situation, le parti a émis dès [jeudi] un chèque au même montant», a indiqué la chef de l’opposition officielle.
La porte-parole de Vision Montréal a contre-attaqué en déclarant que Projet Montréal a reçu des dons anonymes en 2011, ce qui est contraire à la loi électorale. Elle a ajouté qu’il «oblige ses employés à verser 1% de leur salaire» au parti. «Si Projet Montréal veut parler d’éthique, il doit d’abord s’assurer de bien faire les choses avant d’accuser qui que ce soit», a dit Mme Jean.
Projet Montréal a riposté en disant que le parti n’oblige pas ses employés à faire une contribution financière au parti. Ils sont plutôt invités à le faire, a mentionné la porte-parole du parti, Catherine Maurice.
Source de financement des partis municipaux
- La Ville de Montréal donne aux partis politiques deux enveloppes budgétaires: l’une s’appelle Recherche et secrétariat et l’autre, Allocation aux parti, pour qu’ils s’acquittent de leurs frais de fonctionnement. Cela inclut entres autres les salaires des employés, le loyer de leur locaux et leur fourniture de bureau.
- En plus, lors des années électorales, les partis ont droit à un certain montant pour couvrir leurs dépenses.
- Ils peuvent aussi recueillir des dons des particuliers pour remplir leur compte de banque.