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Brutalité policière: une manifestation sous haute surveillance

Photo: Mathias Marchal/Métro

Passé houleux

Si la tendance se maintient, la 17e manifestation annuelle contre la brutalité policière, qui se tient vendredi soir dans le centre-ville de Montréal, risque encore de dégénérer. En 16 ans, seules trois manifestations se sont déroulées sans arrestation. «Avant, le noyau dur des manifestants violents comptait environ 50 personnes. Désormais, quand ça dégénère, il y a de 200 à 300 personnes qui commettent des méfaits», note Pierre Brochet, directeur adjoint du SPVM, qui invitait jeudi les journalistes dans son centre de contrôle.

Le SPVM sur la sellette

Journaliste ou manifestant? «Avec la miniaturisation des caméras des journalistes, on ne sait plus qui est qui dans une manifestation», confie Ian Lafrenière, porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). La plupart des manifestants possédant un téléphone cellulaire, chaque geste des policiers est scruté à la loupe. Le matricule 728 l’a appris à ses dépends. Selon le Collectif opposé à la brutalité policière, depuis 1987, six personnes ont péri sans raison et impunément sous les balles de la police de Montréal alors qu’elles n’étaient pas armées.

Un centre branché

C’est un peu la tête pensante des policiers sur le terrain. Un cerveau ultra connecté où cartes, vidéos et radios appuient les dirigeants du SPVM qui suivent la manifestation et qui doivent adapter leurs stratégies. Il y a aussi, dans la salle, des représentants d’Urgences santé, de la Société de transport de Montréal (STM) et des pompiers qui suivent en direct quelles rues seront bientôt inaccessibles. Un représentant des travaux publics peut, en fonction du trajet, faire intervenir des cols bleus pour sécuriser un chantier et éviter que des pierres ne tombent aux mains de manifestants.

P-6 à la rescousse!

Si le gouvernement péquiste a mis au rencart la Loi 12 qui encadrait sévèrement les manifestations, la Ville avait voté le règlement P-6 qui, lui, n’a jamais été abrogé. Il force notamment les organisateurs à dévoiler leur itinéraire sous peine de voir la manifestation être jugée illégale et dispersée. Le SPVM indique que ses agents n’interviennent généralement qu’en cas de violence. Le compte Twitter sert alors notamment à avertir les manifestants, mais aussi les commerçants qui attendent le dernier moment avant de fermer rideau.

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