Montréal

Le retour en classe passe mal

Quebec Premier Francois Legault listens to a question during a news conference in Montreal, on Thursday, December 16, 2021
Le premier ministre du Québec, François Legault Photo: Paul Chiasson/La Presse canadienne

Entre la réouverture des écoles, la fin du couvre-feu le 17 janvier et l’élargissement du passeport vaccinal aux grandes surfaces, les réactions affluent et oscillent entre incompréhension et soulagement.

De manière générale, le Parti libéral du Québec (PLQ) voit la sortie caquiste comme un constat d’échec. «Aujourd’hui, nous ne pouvons que constater l’incapacité de François Legault à gérer efficacement la 5e vague de la crise. Je ne comprends pas comment on peut nous parler de “bonnes nouvelles”. Je parlerais plutôt d’un constat d’échec», a réagi la cheffe du PLQ, Dominique Anglade.

Les critiques les plus acerbes concernent le retour à l’école confirmé cet après-midi par le gouvernement Legault. Les conditions de cette réouverture sèment l’inquiétude. Québec solidaire ne partage pas le «jovialisme avec lequel Jean-François Roberge annonce le retour en classe».

«En tant que parent, je sais que l’école en présentiel, c’est ce qu’il y a de mieux, mais ça doit se faire de façon sécuritaire. Le ministre Roberge n’a pas tout fait pour que la rentrée soit la plus sécuritaire possible […]. Les plans de contingence sont inquiétants: bris de services et recours à des parents bénévoles pour surveiller des classes, est-ce vraiment ce qui est le mieux pour les élèves?» s’est questionnée Christine Labrie, responsable solidaire en matière d’éducation.

La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) se dit consternée et ne comprend pas, comme de nombreuses enseignantes et enseignants, la décision du gouvernement de François Legault d’alléger les mesures sanitaires dans le cadre de la réouverture des écoles, le 17 janvier prochain. La dichotomie entre la situation sanitaire et la réouverture des classes est dénoncée par les syndicats.

«Les nouvelles règles d’isolement font en sorte qu’il n’est plus possible de procéder à la fermeture d’une classe ou d’une école. […] Par ailleurs, il ne sera plus possible de connaître la situation réelle dans les établissements scolaires puisqu’aucune collecte journalière des données permettant d’identifier les lieux dans lesquels on constatait des éclosions ne sera effectuée. Comment expliquer cette décision alors que les cas d’infection dans les écoles publiques se sont multipliés et ont contribué à alimenter cette vague qui s’abat actuellement sur le Québec?» souligne le président de la FAE, Sylvain Mallette.

Cet avis sur le changement de paradigme dans la gestion des cas est partagé par la Confédération des syndicats nationaux (CSN). La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et ses fédérations du secteur scolaire expliquent que les annonces du jour «comportent de grandes lacunes et de nombreux inconnus».

«Le gouvernement répète depuis des jours que la fin de semaine qui vient sera la plus importante en termes de cas et que les effets seront importants sur le réseau de la santé. Mais, du même souffle, il réouvre les écoles avec un nouveau protocole de gestion des cas et des contacts qui prévoit une réduction de la période d’isolement», a réagi la CSQ.

Les commerces soulagés

En revanche, la réouverture des commerces le dimanche dès le 23 janvier est considérée comme un soulagement. Toutefois, Québec imposera le passeport vaccinal dans les grandes surfaces le 24 janvier, sauf dans les pharmacies et les commerces d’alimentation.

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) accueille positivement les annonces du jour, mais attend avec impatience un «plan de réouverture des restaurants et des salles de spectacles».

«Le variant Omicron doit provoquer un changement d’approche à tous les niveaux. On doit cesser de fermer des pans de l’économie pour limiter les contacts, et plutôt agir par le biais de la vaccination, des tests rapides et des mesures d’isolement lorsque des symptômes apparaissent», a réagi le président et chef de la direction de la CCMM, Michel Leblanc.

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