Montréal

Propos racistes: congédiée pour sa réaction, elle a gain de cause devant les tribunaux

Photo: Métro Média - Archives

Congédiée après avoir exprimé sa désapprobation devant des propos racistes, une personne de race noire a gagné sa cause devant le Tribunal des droits de la personne. Comme son congédiement est jugé discriminatoire, l’employeur devra lui verser 10 000 $ en dommages.

Les propos racistes ont été tenus dans une boutique. Un client aurait raconté une blague raciste à la directrice. Seule l’employée en question a été témoin de la situation. Celle-ci a préféré ne pas réagir à la blague, comme elle était dans son environnement de travail.

Lors d’un souper d’équipe, la directrice aurait répété ladite blague. Cette fois, l’employée aurait démontré son «malaise et sa désapprobation», une réaction que sa supérieure aurait qualifiée de «trop personnelle».

Après le souper, l’employée a publié un message dénonçant la situation sur sa page Facebook privée. Elle s’est abstenue de mentionner le nom de son employeur ou de sa patronne. C’est après avoir vu cette publication que son employeur a décidé de la congédier.

Congédiement discriminatoire

Le congédiement était discriminatoire, a tranché la cour. «Un employeur ne peut exiger d’une employée blessée par un comportement raciste au travail ou à l’occasion du travail qu’elle agisse comme si elle n’en souffrait pas», a indiqué le Tribunal.

La victime aurait témoigné de façon «sobre, digne et crédible», estime le Tribunal. Elle vivrait toujours avec de la crainte depuis son congédiement.

«Ces propos déplacés et inacceptables tenus dans son milieu de travail par une personne en position hiérarchique supérieure sont d’autant plus irresponsables. Nous espérons que cette décision envoie un message clair de ne pas sous-estimer l’impact néfaste des propos à connotation racistes en milieu de travail, tant pour les personnes que le milieu en lui-même», a commenté la vice-présidente de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, Myrlande Pierre.

Le rôle de cette Commission est de défendre les principes de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec.

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