Environnement

À quand un 25e grand parc à Montréal?

Montréal pourrait se doter d’un 25e grand parc de la taille du parc Maisonneuve si elle en avait la volonté politique, estiment les Amis de Meadowbrook.

Le golf Meadowbrook, situé à cheval entre l’arrondissement de Lachine et la ville de Côte-Saint-Luc, au-dessus de l’autoroute 20 et d’une énorme gare de triage, a le potentiel du parc Maisonneuve, avec quelques atouts en plus. Il s’agit d’un dossier épineux, vieux de 20 ans, parsemé d’embûches.

«Même si c’est un golf, il a une diversité végétale étonnante. Il est dans un corridor d’oiseaux migrateurs, il est à 1,5km du canal Lachine et viendrait combler un manque de grands parcs dans le secteur», clame Patrick Asch, porte-parole des Amis de Meadowbrook, un organisme qui se bat depuis plusieurs années pour empêcher un projet domiciliaire sur le golf.

L’organisme présentait mardi, le résultat d’une charrette d’idéation organisée l’hiver dernier en partenariat avec le Conseil régional de l’environnement (CRE) de Montréal et le bureau d’architecture de paysage Catalyse urbaine. «La quasi totalité de la zone se situe dans le rayon des 300m de la cour ferroviaire, zone dans laquelle il n’est pas conseillé de construire des habitations», note Coralie Deny, directrice générale du CRE de Montréal.

Même si le terrain est particulièrement enclavé par des rails au sud et à l’ouest et que le promoteur ne veut pas jeter l’éponge, Mme Deny croit qu’il ne manque que la volonté politique pour que le projet aille de l’avant.

«C’est un projet intéressant, qui servira de base pour être bonifié par la suite», a déclaré Josée Duplessis, responsable de l’Environnement à la Ville. Cette dernière précise qu’une enquête interne est actuellement en cours pour mesurer si des actions illégales ont été portées par le promoteur, Groupe Pacific, auprès de fonctionnaires, voire d’élus. Ce dernier aurait notamment effectué des activités de lobbysme sans être dûment inscrit.

La Ville n’envisage pas pour l’instant d’acheter le golf, acquis par le Groupe Pacific pour 3M$ en 2006. «Il y a d’autres méthodes de conservation qui ne nécessite pas l’achat», a déclaré Mme Duplessis, sans vouloir en dire davantage. cela pourrait par exemple passer par un échange de terrains.

Elle convient toutefois que rendre l’accès au terrain par le sud sera compliqué étant donné que le la Ville n’arrive pas à obtenir des autorisation de passage du Canadien Pacifique et du Canadien National en plusieurs autres endroits à Montréal.

Louise Harel, cheffe de Vision Montréal a salué la proposition dévoilée hier. Elle en a profité pour souligner que la sauvegarde du site de Meadowbrooke faisait notamment partie, en 2009, des recommandations de la Commission permanente du conseil d’agglomération sur les grands équipements et les activités d’intérêt, sans que la Ville y donne suite jusqu’ici.

Lire la proposition des Amis de Meadowbrook ici

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