Montréal

La parole à Marjorie Villefranche

Aujourd’hui, c’est la Journée internationale de l’alphabé-tisation. Pourquoi la Maison d’Haïti soulignera-t-elle cet événement?

C’est une façon de rappeler à tout le monde que les personnes analphabètes existent, parce qu’on a tendance à l’oublier. Elles-mêmes essaient de se faire oublier. Elles s’excluent de la société.

Qu’est-ce qui a amené la Maison d’Haïti à offrir des cours d’alphabétisation?

[Ils] ont été mis en place dans les années 1980. Des membres de familles haïtiennes [déjà installées ici] débarquaient et ils étaient analphabètes.

Est-ce que les besoins ont évolué?

Oui. Il y a de moins en moins de personnes analphabètes complètes. Les gens qui viennent à la Maison d’Haïti veulent se perfectionner. D’autres sont des analphabètes fonctionnels. Ils sont allés à l’école au Canada. Ils sont capables de lire une phrase, mais ils ne sont pas capables de la comprendre. Nous travaillons aussi avec les nouveaux arrivants peu scolarisés.

Combien de personnes aidez-vous chaque année?

Grosso modo, quelque 120 personnes par an passent par la Maison d’Haïti.

Quelle différence faites-vous dans leur vie?

Pour nous, apprendre à lire et comprendre ce qu’on lit est une chose. Mais quelqu’un qui a réussi son alphabétisation, c’est quelqu’un qui est devenu un citoyen à part entière, en posant des gestes d’inclusion dans la société, comme aller à l’assemblée de quartier ou s’inscrire à la Bibliothèque nationale.

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