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Collusion à Laval: Vaillancourt savait, selon le témoin

Photo: www.ceic.gouv.qc.ca

L’ex-maire de Laval savait qu’il y avait de la collusion à Laval, a indiqué Roger Desbois, l’ex-vice-président de la firme Tecsult, devenue Aecom en 2008.

Après le départ, en janvier 2008, de Claude Deguise, qui était le directeur du service de l’ingénierie, M. Desbois a repris «le rôle de distribuer des contrats aux entrepreneurs».

Lors d’une rencontre dans son bureau, le maire Vaillancourt lui aurait alors dit: «donne-les pas tous aux mêmes», en faisant référence aux contrats qui avaient été annulés lors de l’appel d’offres parce qu’ils avaient dépassé les estimations de la Ville.

«Fallait que ce soit crédible», a-t-il précisé.

2,7 M$ pour le parti de Vaillancourt
M. Desbois a aussi raconté avoir remis plus de 2,7 M$ au parti PRO des Lavallois de l’ex-maire Vaillancourt.

L’homme de 75 ans a expliqué qu’il collectait 2% de la valeur des contrats de construction de 18 firmes et qu’il remettait l’argent à l’agent officiel du parti, Me Jean Bertrand (700 000$), de 2003 à 2005. Par la suite et jusqu’en 2009, il a remis les sommes à l’avocat Pierre Lambert (2 M$).

C’est Claude Asselin, directeur général de la Ville, le «patron de la Ville», qui a introduit M. Desbois au système de collusion en lui demandant d’être le «collecteur de fonds», en remplacement de Marc Gendron, le président de Tecsult, qui prenait sa retraite, en 2003.

«[Asselin] m’a dit que si je prenais le rôle, notre part de marché resterait à 25%, mais si je ne le prenais pas, ça pourrait baisser à 15%, a-t-il affirmé, mardi devant la Commission Charbonneau. J’ai dit oui dans l’esprit de la continuité.»

M. Desbois collectait toutes les entreprises collusionnaires qui oeuvraient dans l’infrastructure urbaine (égouts, aqueduc, trottoirs). La collusion était aussi présente dans l’aménagement paysagé. Il ne collectait toutefois pas la ristourne dans ce champ d’activités. Le denier versement a été fait en novembre 2009.

Dans ses poches
L’avantage pour M. Desbois? 106 200$ des 2,7 M$ sont restés dans ses poches, à la demande de l’ex-maire Vaillancourt. De cette somme, il a remis 81 000$ aux autorités lors de l’enquête de l’escouade Marteau.

Pour avoir facturé de faux extras, les entrepreneurs ont donné à l’ingénieur plus de 400 000$ en argent comptant ainsi que des voyages au Mexique et des escapades de pêche dans le Nord québécois. Ceci représente entre 8% et 10% des sommes facturées.

«Les retours étaient volontaires», a-t-il expliqué.

Du comptant pour Roberge et Turbide
M. Desbois a aussi expliqué avoir remis, à la demande de Gilles Vaillancourt, 20 000$ à Jean Roberge, le directeur adjoint de la Ville, actuellement suspendu. Il a ainsi corroboré le témoignage de M. Roberge.

M. Vaillancourt lui aurait aussi demandé de remettre 50 000$ à Gaétan Turbide, directeur général de la Ville, aussi suspendu. Au total, entre 110 000$ et 130 000$ auraient finalement été donnés à M. Turbide.

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M. Desbois aurait été le «principal opérateur» du système de collusion chez les entrepreneurs, a affirmé le directeur général adjoint de la Ville de Laval, Jean Roberge, lors de son témoignage la semaine dernière.

M. Roberge, qui aurait reçu 20 000$ en argent comptant de M. Desbois, lui aurait remis des listes d’entrepreneurs pour faciliter la collusion.

L’ingénieur est cité, sans y être accusé, dans le mandat d’arrestations de l’ex-maire Gilles Vaillancourt et de ses 36 acolytes.

Son identité demeurait secrète pour des raisons de sécurité.

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