Montréal

Cri du cœur des jeunes

«On veut du changement!» C’est le message qu’ont voulu adresser,
jeudi dernier, quatre jeunes adultes de Montréal-Nord aux représentants
des médias.

Réunis dans un restaurant du boulevard Rolland,
à quelques enjambées de la rue Pascal – une rue reconnue comme le
quartier général du groupe de jeunes criminalisés le plus important de
l’arrondissement
-, les quatre jeunes ont pris la parole au nom des citoyens du quartier
qui sont restés silencieux depuis l’émeute du 10 août.

Ils
ont tour à tour dénoncé le traitement médiatique, l’inaction
gouvernementale et l’arrogance de certains policiers «qui harcèlent les
jeunes, qui pratiquent des fouilles illégales et qui font du profilage
racial», selon Jonathan Duguay, un de ces jeunes adultes.
 
Apaiser la colère

Au-delà
des récriminations et des griefs, la rencontre aura été une occasion
unique de parler de leur réalité et d’écouter leurs solutions pour
apaiser le ressentiment et la colère d’une partie des résidants.

«Il
faut investir dans la création d’emploi et faire cesser la
discrimination à l’embauche dont  nous sommes victimes», plaide Vanessa
Jean, une des initiatrices de la rencontre. «Et augmenter les salaires,
qui sont souvent insuffisants pour faire vivre les familles», ajoute
Jonathan Duguay, interrompant sa camarade.

Outre ces mesures, les
quatre jeunes adultes demandent  la création de lieux où ils pourraient
se retrouver. «Nous manquons d’endroits où pratiquer des loisirs,
surtout l’hiver. Il n’y a pas de gym, de centre communautaire où
pratiquer des sports, de la danse et où nous pourrions organiser des
loisirs pour les 18-30 ans», renchérit David Augustin, qui souligne que
ce groupe d’âge est le plus susceptible de décrocher et de traîner dans
les rues.

«Nous savons que la situation est compliquée à
Montréal- Nord, qu’il y a plusieurs problèmes familiaux et scolaires,
mais nous sommes prêts à nous impliquer pour que la situation change»,
ajoute Vanessa Jean.

L’affaire de tous

Les
quatre jeunes sont bien conscients que ce changement ne pourra se faire
qu’avec la collaboration de tous, c’est-à-dire celle de
l’arrondissement, de la Ville et des organismes communautaires qui se
réunissaient au même moment à la mairie de Montréal-Nord.

«Depuis
l’émeute, nous sentons que le quartier veut se prendre en main.
Espérons que les autorités vont nous écouter. C’est un cri du cÅ“ur que
nous vous livrons, aidez-nous à nous aider», concluent-ils en chÅ“ur.
Reste à voir maintenant quelle sera la réponse.

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