Poêle à bois: une alternative contestée
Craignant de voir près de 5 000 emplois disparaître à la suite de l’application du règlement sur le chauffage au bois de la Ville de Montréal, l’Association des professionnels du chauffage (APC) a tenté, aujourd’hui, de mousser la popularité des poêles certifiés EPA (Environmental Protection Agency).
Cherchant à démontrer que les appareils de chauffage au bois répondant aux normes de l’agence américaine sont éco-responsables, l’APC a fait fonctionner une dizaine de poêles non loin de l’hôtel de ville.
Selon le regroupement, les appareils certifiés EPA réduisent jusqu’à 90 % les émissions de fumée et de particules fines. L’APC est ainsi d’avis que leur interdiction ne contribuerait pas à l’atteinte d’une meilleure qualité de l’air. Elle propose plutôt de remplacer les anciens systèmes de chauffage au bois par des appareils certifiés EPA.
L’association craint en effet que les propriétaires de vieux appareils au bois, qui sont très polluants, fassent tout en leur pouvoir pour les garder plus longtemps, de peur de ne pas pouvoir les remplacer par un système similaire, mais moins dommageable pour l’environnement.
«Plusieurs personnes ne sont pas d’accord avec le projet de règlement sur le chauffage au bois, a affirmé le porte-parole de l’APC, Pierre Catellier. La population est sensibilisée aux problèmes environnementaux, mais elle est encore intéressée à avoir un appareil de chauffage au bois.»
Désaccord
Les groupes écologistes ne croient pas que l’installation des appareils de chauffage au bois certifiés EPA aiderait à réduire le nombre d’épisodes de smog et à améliorer la qualité de l’air à Montréal.
«Ce que la norme EPA garantit, c’est que les émissions de particules fines sont réduites de moitié comparativement aux autres appareils, a indiqué André Porlier, directeur général du Conseil de l’environnement (CRE) de Montréal. C’est comme si on obligeait les compagnies de cigarettes à couper de moitié la nicotine dans leur produit, mais qu’on permettait aux gens de fumer dans les espaces publics. C’est insuffisant.»
Selon M. Porlier, la Ville de Montréal fait un pas dans la bonne direction en interdisant l’installation de nouveaux appareils de chauffage au bois.
«Ce règlement empêchera la situation de se détériorer davantage, a-t-il estimé. Maintenant, il faut aller plus loin et obliger les propriétaires de systèmes de chauffage au bois à les remplacer par des appareils qui fonctionnent au gaz, à l’électricité ou aux granules.»
Le responsable du développement durable à la Ville de Montréal, Alan DeSousa, a indiqué qu’un programme de remplacement des anciens appareils au bois est envisagé. L’apport du gouvernement du Québec serait toutefois essentiel à sa bonne marche.