Nouvelle chaire sur la toxicomanie à l'Université de Sherbrooke
La descente en enfer des consommateurs de drogue sera l’objet d’étude de la nouvelle Chaire de toxicomanie de l’Université de Sherbrooke, inaugurée hier à Longueuil. «Nos objectifs sont d’essayer de réduire la progression vers une consommation sévère et persistante et, pour ceux qui en ont déjà une, d’en réduire l’impact sur leur santé», a expliqué la titulaire de la chaire et professeure de la Faculté de médecine et des sciences de la santé du campus de Longueuil, Élise Roy, en entrevue à Métro. Une aide financière de 1,4 M$, étalée sur cinq ans, a été accordée à la chaire par la Fondation de l’Hôpital Charles-Lemoyne et l’Université de Sherbrooke.
Toxicomanes montréalais
Les toxicomanes du centre-ville de Montréal formeront l’échantillon principal de la Chaire de toxicomanie, qui s’alliera à des organismes communautaires, comme Dans la rue et Cactus Montréal. Plusieurs travaux seront entrepris par la chaire, notamment sur les pratiques les plus à risque, les facteurs qui conduisent à une consommation plus sévère et les dangers de surdose.
«Une des préoccupations que l’on a, c’est que nos études soient tournées vers l’intervention, a indiqué Mme Roy. Souvent, on n’a pas grand-chose à proposer aux gens qui ont divers problèmes.» Les chercheurs se pencheront à la fois sur les traitements qui mèneront à la fin de la consommation et sur la prévention de la toxicomanie sévère. Par exemple, un des projets que la chaire veut réaliser touche les toxicomanes en proie à des problèmes de santé mentale.
«On veut proposer, avec des psychiatres, une intervention particulière qui va tenir compte de la toxicomanie et des problèmes de santé mentale des usagers de drogue injectable pour réduire les comportements à risque et la propogation du VIH et de l’hépatite C», rapporte la professeure Roy. Quelques chercheurs provenant d’autres universités collaboreront aux travaux de la Chaire de toxicomanie, dont certains de l’Université de Montréal et de McGill, en plus de l’université américaine de Pennsylvanie. Ces établissements participeront aussi à la formation de la relève des chercheurs.