Montréal

L'Insectarium a 20 ans: Vers une serre permanente de papillons en 2015

L’insectarium fête, début février, ses 20 ans. Et pour ses 25 ans, le musée a déjà commandé son cadeau : un agrandissement de ses locaux, avec notamment une serre permanente de papillons en liberté. Cet événement, à la faveur duquel les papillons virevoltent dans la grande serre du Jardin bo­tanique, fait la renommée de l’Insectarium de­puis 1998.

Chaque année, il attire 150 000 visiteurs durant les 5 semaines que dure l’événement. En comparaison, 350 000 personnes poussent les portes de l’Insectarium pendant le reste de l’année.

Des défis à relever
Mais avant de couper le ruban, plusieurs défis devront être résolus. Finan­ciè­rement d’abord, le projet coûterait environ 10 M$, soit le double du financement initial qui avait été nécessaire il y a 20 ans. De plus, faire rouler l’Insectarium dans sa forme actuelle nécessite déjà toute une logistique. En plus du bâtiment principal, qui con­tient les collections naturalisées, il y a aussi toutes les espèces vivantes de scarabées, mygales, scorpions et autres phasmes qu’il faut faire grandir dans une serre d’élevage pour alimenter constamment le musée. Tout un défi quand on sait qu’un insecte a généralement une faible espérance de vie!

Sans compter que ça mange, ces bibittes-là! À ce chapitre, plusieurs serres à la température contrôlée servent à faire pousser les plantes qui permettent de nourrir les insectes. Le phasme par exemple adore les feuilles de goyavier. Le hic, c’est qu’un parasite a attaqué la majeure partie des 500 goyaviers de l’Insectarium, qui doit donc s’ajuster et réduire la taille de la colonie de phasmes le temps que la situation soit réglée.

Et il y a aussi tout le travail administratif. «Quand on veut faire venir un spécimen, il faut obtenir des permis d’importation, car plusieurs espèces sont menacées», explique Anne Charpentier, directrice de l’Insectarium. Un gros travail quand il s’agit de faire venir 12 000 cocons de papillons des quatre coins de la planète en vue de l’événement Papillons en liberté.

Les festivités
Pour fêter ses 20 ans, l’Insectarium ouvrira ses portes gratuitement les 6 et 7 février. Plusieurs
animations sont au menu, de même qu’une exposition historique et une séance de signatures avec le coloré fondateur, Georges Brossard.

La parole à Georges Brossard, entomologue et fondateur de l’Insectarium

La recherche actuelle la plus intéressante?
Celle sur l’effondrement des colonies d’abeilles. Certains croient que les ondes des cellulaires les rendent incapables de retrouver leur ruche, créant ainsi leur perte. C’est vital, car les abeilles jouent le rôle de pollinisateurs, notamment pour nos arbres fruitiers.

Le secret le mieux gardé sur les insectes?
Leur force et leur vitalité sexuelle. Par exemple, la cigale, quand on la mange, est un viagra naturel. Sauf qu’on ne sait pas de laquelle il s’agit, alors je m’attarde à découvrir ça.

Le roi des insectes?

Le papillon monarque. Il est beau, a une grande longévité et, chaque année, fait un pèlerinage de 5 000 km, notamment du Québec vers le Mexique.

L’insecte le plus difficile à attraper?
Le scarabée doré. Il ne sort qu’une fois par année, à 3h du matin, et il faut grimper à 7 000 m d’altitude pour le voir!

L’insecte qui s’est vendu le plus cher?

Le Lucanes, un coléoptère qui vit en Afrique-du-Sud et qu’un collectionneur japonais a acheté 85 000 $US.

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