Montréal

La FPJQ demande à Jean Charest d'intervenir dans le conflit au Journal de Montréal

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) a demandé dimanche l’intervention du premier ministre, Jean Charest, afin de réaffirmer l’importance de la reprise des négociations du côté du Journal de Montréal. Entretien avec Brian Myles, président de la FPJQ.

Le premier ministre a-t-il sa place au sein de ce conflit?
Jean Charest y a sa place, car les enjeux, à savoir notamment la qualité de l’information et la diversité des sources, dépassent le simple cadre de la négociation entre deux parties. L’Assemblée nationale a déjà déposé le 24 novembre dernier une motion unanime en faveur de la reprise des négociations. Cela s’est soldé, comme on le sait, par une très modeste séance de conciliation qui n’a rien apporté de plus. Les deux parties se retrouvent même plus éloignées qu’elles ne l’étaient au départ. Jean Charest est l’ultime patron de l’Assemblée nationale. C’est donc à lui de remettre de l’huile dans l’engrenage.

Que dénoncez-vous relativement à ce conflit de travail?
Le lock-out pourrit le climat de travail et les relations entre collègues. Des textes provenant des journaux de Quebecor sont réutilisés pour alimenter le contenu du Journal de Montréal via l’agence de nouvelles interne QMI, si bien que les collègues des lock-outés sont pris en otages. Quebecor demande également aux journalistes pigistes de renoncer à leurs droits d’auteur et à leurs droits moraux afin de faciliter la libre circulation des textes. La FPJQ a dénoncé cette initiative qui permet de manipuler, de tronquer, et de modifier les reportages sans égard à leurs auteurs.

La position de la FPJQ n’est-elle pas délicate, dans un dossier où ses membres se déchirent?

Nous sommes très à l’aise avec la position prise unanimement par notre conseil d’administration. Nous ne voulons pas négocier les clauses particulières de l’accord, mais forcer les deux parties à revenir à la table des négociations. C’est là que tout doit commencer, car les citoyens ont besoin d’une information de qualité. Nous ne participerons pas au gala organisé par le syndicat des lock-outés du Journal de Montréal à La Tulipe. Nous leur laissons le choix de mener les stratégies qu’ils jugent appropriées.

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