Montréal

Louise Harel renonce à la mairie de Montréal

Photo: Yves Provencher/Métro

La chef de Vision Montréal, Louise Harel, ne briguera pas la mairie de Montréal le 3 novembre prochain. Elle participera plutôt à la coalition que dirigera l’économiste Marcel Côté.

«J’entends poursuivre le combat pour ma ville, comme chef de Vision Montréal, au sein d’une coalition rassemblant les forces vives montréalaises de toutes les origines et de toutes les appartenances», a-t-elle déclaré, mardi matin.

Marcel Côté annoncera sa candidature à la mairie de Montréal mercredi matin. Il dévoilera alors une déclaration commune autour de laquelle se rassembleront les participants de la coalition. Des conseillers municipaux indépendants, notamment d’anciens membres d’Union Montréal, devraient être du nombre, ce qui n’a pas semblé gêner la chef de Vision Montréal.

Si Mme Harel a décidé de faire équipe avec Marcel Côté, c’est qu’elle peine à obtenir des appuis à l’ouest du boulevard Saint-Laurent. «C’est un secret de Polichinelle que j’avais de la difficulté à percer dans l’Ouest», a-t-elle dit, croyant fermement que la coalition de M. Côté «ralliera l’Est et l’Ouest» de Montréal.

Elle a défendu la candidature de M. Côté en disant qu’il «aime», qu’il «se préoccupe» et qu’il «s’inquiète de Montréal depuis longtemps». Elle a dit ne pas avoir vu chez les autres candidats à la mairie ce même souci pour la métropole.

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À l’intérieur de la coalition, Vision Montréal poursuivra ses activités, en se dotant d’un programme électoral, en gérant ses finances – alourdie par une dette de quelque 500 000$ – et en présentant des candidats dans des districts électoraux.

«On garde notre identité de parti et les valeurs que l’on défend, a expliqué la conseillère de Villeray, Elsie Lefebvre. On va s’allier sur des principes communs qui vont faire avancer Montréal.»

L’actuelle administration de coalition a convaincu les membres de Vision Montréal – en réflexion depuis quelques semaines – que c’était le bon mode de gouvernance pour la métropole. «La culture du secret doit être définitivement chassée de l’hôtel de ville et la dialectique partisane doit céder le pas à une dynamique fondée sur la délibération et sur le compromis», a dit la chef de Vision Montréal.

«C’est fini le temps du parti unique et du pouvoir concentré entre les mains d’une seule personne», a pour sa part affirmé la conseillère de La Pointe-aux-Prairies, Caroline Bourgeois, qui croit qu’une coalition freinera la corruption et la collusion à l’hôtel de ville.

Louise Harel a indiqué qu’elle jouera «un rôle au sein de la direction» de la coalition. Elle a toutefois précisé qu’elle n’a rien négocié pour son compte personnel. «J’ai plus d’ambition pour ma ville que pour moi-même», a-t-elle répété.

La chef de Vision Montréal sera candidate au poste de conseillère municipale aux prochaines élections, non pas dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, mais dans le district Sainte-Marie de l’arrondissement de Ville-Marie. Pour expliquer sa décision, elle a évoqué les défis de cet arrondissement, tels que le développement des terrains vagues, l’apaisement de la circulation et l’amélioration de la qualité de vie des résidents.

Pour le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, «l’alliance de coin de table» qu’est la coalition de Marcel Côté n’est formée que pour gagner les élections du 3 novembre. «Ce sont des démarches improvisées, a-t-il dit. Ce sont des boîtes à surprises».

M. Bergeron a insisté sur le fait que Montréal avait besoin d’une coalition au cours des derniers mois pour assurer une transition tranquille jusqu’aux prochaines élections. Une «direction claire» sera nécessaire pour la métropole à partir du 4 novembre prochain, selon lui. «Projet Montréal, c’est un parti politique, ce n’est pas une boîte à surprise, a-t-il fait savoir. Nous savons où nous allons. Nous sommes confiants en nos moyens.»

La candidate à la mairie, Mélanie Joly, a déploré pour sa part que la coalition de Marcel Côté repose sur un vieux parti qu’est Vision Montréal. «On se retrouve à faire du neuf avec du vieux, a-t-elle dit. On ne peut pas transformer la Ville de Montréal avec toujours les mêmes personnes.» Mme Joly doit présenter prochainement ses idées ainsi que les personnes qui l’appuieront.

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