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Célébrer les différences

Danses ukrainien­nes, musiques et mets traditionnels créoles, grecs ou italiens, rythmes africains et films brésiliens; Montréal, ville multiculturelle par excellence, célèbre les différences au moyen de nombreux festivals qui attirent chaque année des milliers
de curieux.

«Notre festival rassemble toutes les couches sociales, c’est un lieu familial de rencontres», indique Suzanne Rousseau, cofondatrice, avec Lamine Touré, du Festival international Nuits d’Afrique. L’événement, qui fêtera ses 25 ans en juillet, multiplie pour l’occasion les spectacles toute l’année et propose plusieurs concerts en novem­­bre. «Avec Nuits d’Afrique, on voyage, on s’ouvre l’esprit et on brise les frontières», ajoute M. Touré. 

Les organisateurs des festivals montréalais multiculturels insistent sur une de leurs principales missions : encourager la découverte de l’autre.

«Le Festival du monde arabe n’est pas un événement arabe pour les Arabes. C’est un festival montréalais qui  s’intéresse à la culture arabe, mais aussi à d’autres cultures, souligne Joseph Nakhlé, fondateur et directeur artisti­que du festival qui bat son plein jusqu’à dimanche. C’est un espace d’expérimentations et de rencontres, un bras tendu vers la richesse de l’autre. Une expression identitaire culturelle ne peut pas vivre longtemps si elle n’est pas fertilisée par quelque chose d’autre», lance-t-il.

Même son de cloche de la part de Katia Adler, directrice du Festival du film brésilien, dont la quatrième édition montréalaise est prévue du 26 novembre au 2 décembre. «Notre festival s’adresse à tous. On veut amener le public montréalais à découvrir le Brésil à travers le cinéma», affirme la jeune femme qui navigue entre Paris et Rio.

Si l’offre grandit et si le public montréalais – de souche ou d’adoption – en redemande, c’est que les citoyens de la métropole raffolent du brassage culturel. «Le Montréalais est avide de connaissances. Il n’est pas fermé à d’autres cultures, soutient Élie Benchetrit, porte-parole du Festival séfarad de Montréal, dont la 24e édition se termine dimanche. Les festivals multiculturels ouvrent des fenêtres, permettent de se connaître et de se parler. L’art est un langage universel.»

«L’année dernière, l’humo­riste Gad Elmaleh a réuni pour son spectacle montréalais les communautés juive, marocaine, algérienne, musulmane, libanaise, enchaîne-t-il. Tous se sont retrouvés dans une atmosphère conviviale pour partager à travers l’humour. Il n’y avait plus de barrières.»

Katia Adler, qui préside également le Festival du film brésilien à Paris et à Toronto, ne tarit pas d’éloges envers Montréal. «Même comme jeune festival, il est déjà entré dans l’agenda de la ville. À Paris, j’ai mis très longtemps à avoir une place… se souvient-elle.

De plus, je sens une vraie différence entre Montréal et Toronto. Ici, il y a quelque chose de plus culturel. Montréal va chercher la petite différence des choses. Dès la première édition, j’ai tout de suite senti un public enthousiaste et intéressé par le Brésil, un public ouvert qui fait de la capoeira!»

Il est intéressant de constater que la saison estivale ne détient pas le monopole des festivals. Outre l’alléchante brochette automnale, le Mois de l’histoire des Noirs, qui souligne les contributions et les actions historiques des Noirs, arrive en février. 

«À Montréal, nos festivals nous permettent de réaliser qu’on est tous pareils, déclare Michael Farkas, président de l’événement. Le multiculturalisme de Montréal est vital, sincère.»

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