Un conseiller indépendant de Lachine réclame une commission parlementaire pour débattre des structures de Montréal
Montréal souffre de «structurite aiguë», clame le conseiller municipal indépendant de Lachine, Jean-François Cloutier, qui a déjà porté les couleurs d’Union Montréal. Il demande qu’une commission parlementaire soit créée à Québec pour débattre sur les structures de métropole.
«Il y a quatre structures à Montréal (arrondissement, conseil de ville, agglomération et la Communauté métropolitaine de Montréal), c’est trop», a déclaré le conseiller de Lachine. Selon lui, il y a trop d’élus à Montréal et la fonction publique a besoin d’une bonne cure d’amincissement. «La fonction publique montréalaise est en surnombre par rapport à ses besoins réels», a-t-il dit.
Le financement de Montréal doit également être révisé. «La fiscalité municipale de la métropole du Québec ne peut plus reposer sur les seules épaules des contribuables montréalais», a fait savoir Jean-François Cloutier. Il a fait remarquer que les problèmes de financement ont commencé à être soulevés à l’époque où Jean Drapeau tenait les rênes de la Ville.
M. Cloutier a également questionné le fait qu’aucun élu montréalais ne siège aux conseils d’arrondissement de la Société du parc Jean-Drapeau – qui est une société paramunicipale -, Stationnement Montréal et Aéroports de Montréal, où des décisions cruciales sont prises sur les destinées de la Ville.
Devant ce «dysfonctionnement» de Montréal, des arrondissements souhaiteraient se défusionner de la Ville, a avancé M. Cloutier. Il n’a pas voulu dévoiler quels arrondissements voudraient faire cavalier seul. Il s’est contenté de dire que Lachine en faisait partie. «On n’est pas satisfait de ce qui se passe à Lachine, a-t-il mentionné. En 2001, Lachine avait un budget de 65 M$. Nous avons aujourd’hui une dotation d’arrondissement d’environ 30 M$. C’est sûr qu’on a droit à des services comme la police, les pompiers et autres, mais on génère des taxes de 80 M$. Il y a un écart important qui mérite d’être regardé.»
Pour faire valoir ses idées, qui, selon lui, sont partagées par plusieurs, Jean-François Cloutier a mis sur pied le mouvement citoyen Action Montréal. Un millier de Montréalais y adhèrent, dont certains candidats défaits et des élus.
M. Cloutier espère qu’une commission parlementaire sera instituée à l’automne prochain sinon à l’hiver 2012. Il veut éviter que le débat n’ait lieu pendant une campagne électorale. Le conseiller municipal compte intensifier ses pressions sur le ministère des Affaires municipales au cours des prochains mois.
Réactions des partis politiques
- Le maire Gérald Tremblay ne veut pas
s’engager dans un débat sur les structures de la métropole. Son cabinet a
indiqué qu’il préférait se concentrer à développer l’économie de la
métropole afin de bonifier les services offerts à la population.
- Projet Montréal s’est dit, de son côté,
conscient qu’il y a des modifications à apporter aux structures de la
Ville. Il prépare d’ailleurs une proposition à ce sujet qu’il présentera
lors de la prochaine campagne électorale. Le parti dirigé par Richard
Bergeron croit que ce sont les Montréalais qui devront décider de
l’avenir de leur Ville.
-
Vision Montréal accueille favorablement l’idée de débattre des
structures de Montréal et de son financement en commission
parlementaire. «Montréal, c’est une fédération d’arrondissements, a
déploré la chef de l’opposition, Louise Harel. Il y a trop d’élus, trop
de structures et trop de taxes.» Elle a précisé qu’elle était favorable
au maintien des arrondissements.