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La publicité sur les taxis en arrache

En mai 2010, la publicité faisait son apparition sur les taxis montréalais afin d’aider une industrie en difficulté. Un an plus tard, rien n’est réglé. Les chauffeurs n’ont pas suivi le virage publicitaire, les entreprises de placement n’ont pour la plupart pas tenu le coup et le sommet sur l’avenir du taxi tenu en avril n’a pour l’instant rien donné de concret.

Fortement concurrencée par l’arrivée de BIXI et de la ligne d’autobus 747 entre l’aéroport et le centre-ville, l’industrie devait pourtant profiter d’une bouffée d’oxygène grâce à la publicité. L’entreprise Taxicom, à l’origine du concept, prévoyait que 1 200 des 4 500 taxis montréalais seraient équipés de dômes publicitaires d’ici décembre 2011, ce qui aurait généré des revenus de 2 M$ par année pour l’industrie.

Un an plus tard, à peine plus de 400 taxis sont équipés des fameux dômes. Taxicom a dû se restructurer, et deux autres joueurs sont tombés au combat. «Les redevances proposées au départ (au moins 200$ par mois et par taxi) étaient trop élevées pour assurer la rentabilité des entreprises», explique Bassem Gasmi, PDG de TaxiVision, le dernier arrivé sur le marché. Son entreprise verse plutôt autour de 100$ par mois aux propriétaires de taxis.

«Le niveau de revenus proposé pour avoir de la publicité sur le toit ne vaut pas le coup», estime Youssef, un chauffeur de taxi à Montréal. Plusieurs de ses confrères interrogés pensent comme lui. La con­ception technique du dôme serait aussi en cause, car il ne peut pas être détaché et s’abîmerait au cours des opérations de nettoyage automatisé.

Ronald Tapiero, pdg de Neo-Traffic qui a repris les activités de Taxicom, n’est pas de cet avis. «Trouver des chauffeurs n’est plus problématique, affirme-t-il. Ce qui importe, c’est avoir une équipe de vente établie nationalement et reconnue dans l’industrie publicitaire, afin de trouver suffisamment de nouveaux annonceurs.» Le début chaotique de la publicité sur les taxis est dû, selon lui, au peu de barrières mises à l’entrée. Cela a permis à des entreprises inexpérimentées  de se lancer dans l’aventure en surévaluant le potentiel de revenus et, par ricochet, les redevances qu’elles seraient en mesure de verser.

Pas de nouveaux postes d’attente
Malgré l’organisation d’un concours de desi­gn pour imaginer de nou­veaux postes d’attente pour les taxis, rien ne sera construit dans l’immédiat. «Ce n’est pas dans les projets à court terme», explique Ariane Lareau, porte-parole de la Ville en matière de transports. D’autres avenues sont examinées pour redresser l’industrie comme la refonte du Bureau du taxi, l’établissement d’une couleur uni­que, le développement du transport adapté et le taxi collectif. La Ville prendra position à l’automne.

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