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«L'Europe a dix ans d'avance en transport en commun»

L’avenir du transport en commun ne passe pas uniquement par le matériel roulant, mais aussi par la personnalisation du service. Tel était l’axe central des discours, prononcés jeudi, dans le cadre du début des Entretiens Jacques-Cartier, une initiative de rapprochement entre la région de Lyon et celle de Montréal.

«En transport en commun, le service doit être tout sauf commun, il doit être personnalisé», résume Michel Bleitrach, président du groupe Keolis, une entreprise française qui développe des outils pour améliorer la qualité du transport. Ainsi, en banlieue de Washington,  une société qui gère des trains de banlieue offre le taxi gratuitement à ses abonnés qui doivent retourner chez eux, pour une urgence, à des heures où il n’y a aucun train parce que les lignes sont occupées par le transport de marchandises.

Autre clé du développement du transport en commun : l’information. Selon des études, la perception du temps d’attente est trois fois plus longue si on ne connaît pas le délai exact avant le prochain passage. C’est pourquoi, depuis plusieurs années, les sociétés de transport européennes informent en temps réel des délais. «L’Europe a au moins 10 ans d’avance», pense Michel Labrecque, président de la STM.

Ce type de système sera généralisé à partir de 2014. En attendant, la STM a axé sa stratégie, sur l’augmentation du nombre de départs et sur les impacts positifs du transport en commun sur l’environnement. Une initiative qui porte fruit, selon Christiane Bourbonnais, présidente de Cohésion Stratégies qui a conçu la campagne. «La STM est désormais reconnue comme la troisième entreprise associée à l’environnement derrière Cascade et Greenpeace».

Mais en Europe, les sociétés de transport en commun ont plusieurs coups d’avance et misent sur le confort et la mobilité. «On n’aborde plus le temps de trajet en essayant de le réduire, mais en s’assurant qu’il est bien utilisé. Ainsi, la notion d’attente et l’inconfort qui va avec sont en train de disparaître», explique George Amar, responsable de l’innovation à la RATP, qui gère le transport en commun dans la région parisienne. L’avenir du transport en commun passe par Google et le iPhone, selon lui.

Pour que Montréal rattrape son retard sur les grandes villes européennes, Il faudra travailler sur plusieurs fronts croit le président de la STM. «Il va falloir prendre les bonnes décisions pour freiner l’étalement urbain, donner une plus grande place au transport en commun sur les routes, trouver des solutions financières pour mieux financer le transport public et intégrer le transport en commun dans une perspective régionale pour faciliter l’intermodalité», conclut M. Labrecque.

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