Tunnel du mont Royal : Bergeron veut voir les rapports
Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, exige que l’Agence métropolitaine des transports (AMT) rende public le rapport d’analyse de risque du tunnel du mont Royal, rédigé en 2011.
M. Bergeron a fait cette demande à la suite de la publication, dans La Presse, de révélations d’un cheminot du CN affecté à l’entretien du tunnel, qui affirme qu’en cas de déraillement, les passagers des trains de banlieue auraient beaucoup de difficulté à évacuer les voitures, notamment en raison de l’étroitesse du tunnel.
«Comment les citoyens peuvent-ils encore croire Joël Gauthier quand il affirme qu’un tunnel de 4,8 km de longueur construit selon les normes de sécurité de 1918 et qui ne comporte ni sortie de secours, ni système anti-incendie, ni ventilation, est parfaitement sécuritaire alors qu’il refuse de publier le rapport d’analyse de risque?» s’est questionné le chef de Projet Montréal.
Puisque l’AMT est une agence gouvernementale, les élus municipaux ne peuvent la forcer à obtempérer. Richard Bergeron compte toutefois demander au maire de Montréal, Gérald Tremblay, de rendre public les études réalisées par son propre Service de sécurité incendie.
La Presse a révélé lundi que le tunnel du mont Royal est si étroit que des tests effectués avec les nouveaux wagons à deux étages ont permis de constater qu’à très basse vitesse, les wagons se frottaient aux parois. Le cheminot interviewé par le quotidien estime qu’à haute vitesse, les wagons peuvent tanguer et heurter des feux de signalisation.
«Un déraillement dans ce tunnel pourrait être catastrophique, surtout si un train vient en sens inverse au même moment, a-t-il déclaré à La Presse. Les fils électriques qui courent le long des parois seraient arrachés. Le tunnel serait plongé dans le noir, sans possibilité de communiquer avec l’extérieur. S’il y a un incendie et de la fumée, les passagers ne sauraient pas comment se sauver. Il n’y a aucune sortie de secours.»
L’AMT a répliqué que des correctifs avaient été apportés à la suite de ces tests et que d’autres interventions étaient prévues pour adapter le tunnel construit il y a plus de 100 ans à la réalité de 2012.