Des indignés en cravate dénoncent l'Autorité des marchés financiers
Deux actionnaires en colère contre l’Autorité des marchés financiers (AMF) étaient au square Victoria, dimanche. Ils se trouvaient à l’endroit même où, il y a encore quelques jours, trônaient les tentes des indignés d’Occupons Montréal. Si Stéphane Robert et Lorenzo D’Alesio ont choisi de rencontrer les médias à cet endroit, c’est d’abord parce que les bureaux de l’AMF donnent sur le square. Les deux hommes partagent tout de même le sentiment d’indignation qui animait les anciens occupants.
M. Robert, ancien PDG de Raymor, et M. D’Alesio, un des anciens actionnaires, ont perdu leurs investissements dans la société lorsque celle-ci s’est placée sous la protection de la Loi sur la faillite, en 2009, et que le conseil d’administration a été modifié sans tenir d’assemblée d’actionnaires. L’AMF a ensuite autorisé, en 2010, la privatisation de l’entreprise cotée en bourse, encore une fois, sans qu’il n’y ait consultation des actionnaires.
Les 8000 actionnaires minoritaires ont ainsi vu leurs investissements de 30 millions de dollars disparaître. Depuis 2009, MM. Robert et D’Alesio tentent l’alerter l’AMF de pratiques douteuses dans le milieu.
«Des informations ont été cachées aux actionnaires pour privatiser Raymor, a souligné M. Robert. On ne dit pas que L’AMF est incompétente, on dit qu’il y a des gens qui ne font pas leur job. On sait qui protège qui et on a des preuves». Les deux hommes demandent donc une enquête publique afin de faire des révélations sans risquer de se faire poursuivre.
Amir Khadir, député de Mercier, était présent dimanche. Il a affirmé qu’il s’agit d’une pratique courante pour des firmes d’utiliser des stratagèmes légaux pour prendre le contrôle de compagnie en difficultés financière au détriment des petits actionnaires.
Selon M. Robert, l’AMF ne fait rien car ces hommes d’affaires feraient partie de gros cabinet à Montréal qui aurait des amis «en haut». M.Khadir ne s’explique pas pourquoi l’AMF n’a pas joué son rôle de «chien de garde». Selon le co-porte-parole de Québec solidaire, les petits actionnaires devraient être mieux protégés lorsque ce type de restructuration survient.
M. Khadir était aussi accompagné d’indignés qui occupaient le square il y quelques jours. «Ça peut surprendre de nous voir ici, dit Paul Bode, un des indignés, mais nous croyons que les petites entreprises génèrent beaucoup d’innovation et de créativité dans l’économie.» Selon le jeune homme, M. Robert et M. D’Alesio font également partie du 99%, ces gens qui revendiquent la richesse concentrée entre les mains du 1%.
« La présence de tous ces gens est un constat généralisé que le système politique et financier ne protège pas la majorité», a ajouté M. Khadir.