Diminution de GES: la Ville demande la collaboration des Montréalais
Les Montréalais devront mettre l’épaule à roue afin que la métropole atteigne ses objectifs en matière de réduction de gaz à effet de serre (GES).
«Avec les plans qu’on a en ce moment, on n’arrivera pas à atteindre nos objectifs», a averti jeudi la responsable de l’Environnement à la Ville de Montréal, Josée Duplessis. Elle a dévoilait alors le Plan de réduction des émissions de GES de la collectivité montréalaise 2013-2020, élaboré pour réduire de 30% les émissions de GES par rapport au niveau de 1990.
D’après un inventaire que la Ville a publié en juin dernier, les émissions de GES ont chuté de 6% à Montréal de 1990 à 2009. Les 24% restants représentent environ 4 millions de tonnes de GES. Or, le plan de réduction rendu public jeudi ne permettra d’atteindre qu’une réduction de 22%.
Pour combler la différence, Mme Duplessis appelle à la collaboration des citoyens. «Par nos gestes quotidien, même les plus simples, nous pouvons faire la différence: couper le moteur lorsqu’à l’arrêt, réduire sa consommation énergétique et surtout, délaisser le plus souvent possible sa voiture», a-t-elle mentionné.
Dans son plan d’action, elle enjoint les citoyens, les commerces et les institutions à mettre la main à la pâte pour améliorer l’efficacité énergétique de leur propriété et de modifier leur système de chauffage au mazout. Elle les encourage également à utiliser des énergies renouvelables.
Des correctifs doivent aussi être apportés dans le secteur des transports, où une hausse de 5% des GES a été constatée en 2009. «Il faudra augmenter le transfert modal, a dit la responsable de l’Environnement à la Ville de Montréal. C’est là que nous ferons les gains les plus importants et c’est là que la bataille du financement demeure la plus importante.»
«Ce n’est pas forcément tout le monde qui doit laisser sa voiture, ni tout le temps . Le problème, c’est tout le monde tout le temps en voiture pour tout faire», a nuancé le président de la Société de transport de Montréal, Michel Labrecque, qui a vanté les vertus du cocktail transport.
Afin d’assurer un suivi serré de l’évolution des émissions de GES dans la métropole, Josée Duplessis a donné le mandat à la Direction de l’environnement de développer des indicateurs de résultats.
«C’est important de faire un suivi pour savoir où on est rendu», a fait savoir la directrice générale du Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE-Montréal), Coralie Denys. Cette dernière croit d’ailleurs que la prochaine administration de Montréal devra faire preuve d’audace pour atteindre les cibles de réduction des émissions de GES. Elle a notamment évoqué la possibilité d’adopter un règlement pour proscrire les systèmes de chauffage au mazout.
«Comme ce qui se fait pour le chauffage au bois, a-t-elle donné comme exemple. Il devrait aussi avoir une réglementation pour dire que d »ici une période de temps donnée, vous devez changer votre mode de chauffage pour un mode moins polluant et moins de générateur de GES.»
Pour ce qui est des transports en commun, tout dépendra du financement et, surtout, de la capacité du prochain maire de Montréal à se faire entendre à Québec, a indiqué Mme Deny.
«Pour réduire les GES, il faut qu’on offre plus de transport collectif, qu’on ne favorise pas autant la voiture et que, quand vous êtes dans un autobus, vous vous rendiez plus rapidement à un endroit que si vous étiez dans votre voiture», a énoncé la directrice général du CRE-Montréal.
Montréal poursuit ses efforts
L’agglomération de Montréal s’est aussi dotée d’un deuxième plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre corporatives 2013-2013. Celui-ci vise à réduire de 30% les émissions de gaz à effet de serre des entités municipales sur l’île de Montréal par rapport au niveau de 2002.
Les solutions envisagées, tel qu’acquérir des véhicules écoénergétiques ou d’améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments municipaux, permettront de réduire de 25% les GES. L’inventaire paru en juin faisait état d’une diminution de 28% de 2002 à 2012.