Montréal

Des élections à surveiller dans la région métropolitaine

Philippe-Vincent Foisy et Marie-Eve Shaffer - Métro

Les allégations de corruption et de collusion ont abondé dans les petites municipalités de la région métropolitaine au cours des dernières années. Des maires ont même fait l’objet d’accusations criminelles. Le 3 novembre prochain, des changements de garde pourraient avoir lieu dans ces villes dont la réputation a été ternie. Métro en visite quelques-unes.

  • Boisbriand

L’actuelle mairesse Marlène Cordato est arrivée au pouvoir en 2009, en délogeant Sylvie St-Jean, qui a été accusée de fraude, de corruption et d’abus de confiance. Mme Cordato tentera de se faire réélire, même si son nom a été prononcé devant la commission Charbonneau. Il a été rapporté que des dons illégaux de 15 000$ ont été faits à sa caisse électorale en 2009. La Ville a en plus été visitée par l’Unité permanente anticorruption. Le militant libéral Martin Drapeau, l’ancien conseiller municipal Robert Frégeau et l’indépendant Sylvain Labelle briguent aussi la mairie de Boisbriand. Des accusations d’intimidation et de salissage ont été formulées jusqu’à maintenant pendant la campagne. Des affiches électorales ont même été vandalisées.

  • Mascouche

Qui succédera au maire démissionnaire, Richard Marcotte, accusé de fraude, de complot, de corruption et d’abus de confiance? Trois candidats sont en lice, dont deux anciens députés du Parti québécois, Guillaume Tremblay (Vision démocratique de Mascouche) et Luc Thériault (Équipe Luc Thériault). Le premier avait remporté l’investiture de la circonscription de Masson en 2008 aux dépens du deuxième. L’ancien président de la Chambre de commerce de Mascouche, Pierre Nevraumont (indépendant), aspire aussi à diriger la municipalité de Lanaudière. M. Tremblay serait le favori dans la course. Parmi les enjeux de cette élection, il y a la gouvernance, l’éthique municipale, la gestion des contrats et l’avenir de l’aéroport de Mascouche.

  • Terrebonne

Depuis 1997, Jean-Marc Robitaille tient les rênes à la mairie de Terrebonne. L’ancien député fédéral sollicite un cinquième mandat à la tête de la municipalité de Lanaudière. Il s’est retiré brièvement de ses fonctions en 2010 après avoir été soupçonné de conflit d’intérêt. M. Robitaille a finalement été blanchi par le ministère des Affaires municipales. Seul Antoine Hanachian, du Renouveau Terrebonne, tente de déloger le maire sortant et son équipe. Deux conseillers de l’Équipe Robitaille ont déjà été élus par acclamation. De nombreux dossiers attendent le futur maire de Terrebonne, dont celui du projet d’inversion du pipeline Enbridge, qui parcourt le territoire de la municipalité.

  • Saint-Constant

Le maire sortant de Saint-Constant, Gilles Pepin, tentera de se faire réélire le 3 novembre prochain. Le Directeur général des élections lui a reproché à plus d’une occasion ses manquements à la loi électorale. Il a d’ailleurs été destitué en 2007 parce qu’il avait dépassé de 40 % le maximum des dépenses électorales permises. Il s’est fait réélire l’année suivante. Au cours des quatre dernières années, l’Unité permanente anticorruption a perquisitionné l’hôtel de ville et la résidence du maire. M. Pepin a toujours clamé son innocence. Quatre candidats tenteront de déloger le maire sortant, soit le gestionnaire Jean-Claude Boyer, le comptable Guy Brault, l’ancien conseiller municipal Yves-André Ferland et l’ingénieur Michel Vachon. Ils veulent notamment revoir les baux de la bibliothèque et de l’aréna.

  • Saint-Jean-sur-le-Richelieu

La course à la mairie de Saint-Jean-sur-Richelieu s’annonce très serrée. Huit des neuf candidats semblent avoir des chances de remplacer le maire sortant, Gilles Dolbec. Le nom de ce dernier a été mentionné devant la commission Charbonneau puisque des dons illégaux de 10 000 $ ont été versés à sa caisse électorale. L’Unité permanente anticorruption a aussi perquisitionné l’hôtel de ville de Saint-Jean-sur-Richelieu l’été dernier. Deux fonctionnaires ont par la suite été arrêtés, puis accusés d’avoir participé à un système de collusion. Dans la course à la mairie, plusieurs enjeux sont débattus, touchant notamment la gouvernance, la création d’un fonds vert, le gel des taxes et le transport en commun.

  • Saint-Jérôme

Le maire sortant, Marc Gascon, a régné à Saint-Jérôme pendant 17 ans. L’ex-président de l’Union des municipalités du Québec a décidé de ne pas se représenter aux élections puisqu’il a été la cible d’allégations de corruption et de conflit d’intérêts au cours de son dernier mandat. Sa résidence aurait été construite par des entreprises qui obtenaient d’importants contrats de la Ville. Il a été rapporté devant la commission Charbonneau qu’un système de collusion semblable à celui de Laval  était bien installé à Saint-Jérôme. Quatre candidats tenteront de succéder à M. Gascon et de se faire élire sous le signe de l’intégrité, soit les conseillers municipaux Martin Pigeon et Alain Langlois, ainsi que le gestionnaire Stéphane Maher et l’ancien président de la commission scolaire de la Rivière-du-Nord Yves Charette.

  • Saint-Rémi

Bien qu’il soit accusé d’abus de confiance, de fraude et de complot, le maire sortant de Saint-Rémi, Michel Lavoie, entend poursuivre son travail à la tête de la municipalité de la Montérégie. M. Lavoie est soupçonné d’avoir tiré les ficelles dans deux projets immobiliers, soit la construction d’un centre pour personnes âgées et celle d’une caserne. Il a clamé son innocence et il s’en remet au jugement populaire pour blanchir sa réputation. En vertu de la loi 10, il a été relevé de ses fonctions de maire le 29 août dernier. Trois candidats veulent lui succéder, soit la conseillère municipale Sylvie Gagnon-Breton, l’ancien maire Charles É. Verge et l’avocat Éric Pigeon. La transparence et l’intégrité municipales sont au centre des promesses électorales.

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