Montréal

Les programmes d’accès à la propriété de la Ville, un endettement risqué selon l’IRIS

Photo: Yves Provencher/Métro

Les programmes d’accès à la propriété de la Ville de Montréal menacent les finances municipales, en plus de favoriser la spéculation immobilière et le surendettement des ménages sur l’île, avertit une note économique dont Métro a obtenu copie.

La note, qui sera publiée jeudi par l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS), porte sur le programme Accès Condo. Ce dernier vise à faciliter l’achat d’un condominium, en exigeant seulement du participant un acompte de 1 000 $ et en lui offrant un montant correspondant à 10 % du prix de vente, applicable à la mise de fonds. Les crédits d’achat sont offerts sans intérêt par la Société d’habitation et de développement de Mont­réal (SHDM), une société paramunicipale.

Là où le bât blesse, c’est que le programme tire la majorité de ses revenus des gains en capitaux, fait valoir Louis Gaudreau, auteur de la note. «La Ville incite ainsi les gens à revendre bien plus cher. On encourage la spéculation immobilière, et à long terme, on rend la propriété encore moins accessible», déplore-t-il. Selon lui, dans un contexte de stagnation des revenus, on favorise des achats que les ménages n’ont pas les moyens de s’offrir, les poussant ainsi au surendettement.

IRN

Croire que la valeur des propriétés va toujours aug­menter est un pari dangereux, ajoute le maître d’enseignement aux Hautes études commerciales de Montréal Germain Belzile, qui craint pour l’équilibre budgétaire de la Ville. «Si le marché immobilier s’écroule, comme on l’a vu aux États-Unis, qui va payer les sommes engagées par la SHDM? Les contribuables?» lance-t-il.

Du côté de la SHDM, on dénonce ce «scénario hautement hypothétique».  La porte-parole, Leslie Molko, a rappelé que la société gère depuis 2005 le budget d’Accès Condo de façon «diligente et conservatrice». En date d’aujourd’hui, la SHDM n’a jamais eu besoin de racheter une unité pour cause de non vente. «C’est donc que les ententes de partenariat reposent sur un partage du risque calculé, qui est une réussite pour l’acheteur, le secteur privé et pour la revitalisation des quartiers montréalais», dit-elle.

Argent avancé
L’IRIS a calculé qu’en 2012, les sommes engagées par la SHDM pour Accès Condo totalisaient 67,3 M$.

  • 30,2 M$ en unités de condo non vendues et bénéficiaires de la garantie de rachat. La SHDM réplique que ces unités de condo ont été vendues cette année.
  • 10,8 M$ en prêts accordés aux promoteurs.
  • 26,3 M$ en crédits d’achat accordés en attente d’un remboursement.

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