Marc Demers devient le nouveau maire de Laval
L’ex-policier Marc Demers a remporté la mairie de Laval, après avoir livré une chaude lutte à son principal adversaire, l’ancien député libéral fédéral, Jean-Claude Gobé.
«C’est la victoire des citoyens de Laval. C’est la victoire de l’intégrité», a déclaré dimanche le chef du Mouvement lavallois, après la confirmation de son élection. Au moment de mettre en ligne, il recueillait près de 43% des suffrages.
«C’est une page de l’histoire qui se tourne» a ajouté M. Demers, en faisant référence au règne de près de 20 ans de l’ex-maire Gilles Vaillancourt, aujourd’hui accusé de gangstérisme. L’ancien policier à promis de mettre en place un conseil municipal «intègre, transparent et efficace». Il entend d’ailleurs travailler avec l’ensemble des nouveaux conseillers municipaux, quelque soit le parti politique qu’ils représentent.
Au moment de mettre en ligne, les candidats du Mouvement des Lavallois étaient en avance dans 16 districts. Le parti de Marc Demers était ainsi en voie de former une administration majoritaire.
Le nouveau maire de Laval aimerait modifier le mandat des tuteurs qui sont en place à Laval depuis le mois de juin. Il aimerait qu’ils conseillent – et non dirigent – la nouvelle administration au cours des prochains mois. «Nous voulons qu’ils nous fassent profiter de leur expérience», a dit M. Demers.
Il n’a pas été possible de parler à M. Gobé, au moment de mettre en ligne.
La chef d’Option Laval, Claire Le Bel, s’est quant à elle dite surprise et déçue des résultats des élections. Elle s’est également questionnée sur la possibilité que l’élection de M. Demers soit caduque puisque que ce dernier n’a pas résidé sur l’Ile Jésus de façon continue au cours des douze derniers mois, comme le prescrit la loi électorale.
Le chef du Parti au service du citoyen, Robert Bordeleau, veut d’ailleurs contester la candidature de Marc Demers à la mairie de Laval, malgré son élection. «Je n’ai pas à respecter une candidature illégale», a-t-il affirmé.
M. Bordeleau s’est montré serein devant les résultats électoraux. Dimanche soir, il ignorait s’il allait continuer à suivre de près les péripéties politiques à Laval.
Résultats préliminaires de la mairie de Laval
Marc Demers – Mouvement lavallois 43,5%
Jean-Claude Gobé – Action Laval 24,7%
Claire Le Bel – Option Laval 12,5%
Robert Bordeleau – Parti au service du citoyen 11%
Résumé de la campagne
La succession de Gilles Vaillancourt a été âprement disputée par les principaux candidats à la mairie de Laval. Le débat d’idées a trop souvent fait place à des attaques virulentes. Retour sur une campagne électorale houleuse dont l’issue est totalement imprévisible.
Le favori de la course, le chef du Mouvement des Lavallois, Marc Demers, a été attaqué de toutes parts à propos de l’éligibilité de sa candidature à la mairie de Laval. Ses adversaires soutiennent qu’elle est invalide puisque M. Demers a résidé à l’extérieur de l’Île Jésus entre les mois de juin 2012 et de janvier 2013.
En vertu de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités, un candidat doit habiter dans la ville dans laquelle il se présente «de façon continue ou non sur le territoire de la municipalité depuis au moins 12 mois, le 1er septembre de l’année civile où doit avoir lieu une élection générale».
L’ancien policier de Laval a dévoilé un avis juridique pour faire taire ses adversaires, ce qui n’a pas fonctionné. S’il est élu, la bataille risque de se déplacer devant les tribunaux.
La conseillère sortante de Concorde-Bois-de-Boulogne et candidate à la mairie, Claire LeBel, a aussi eu son lot d’émotions pendant la campagne. Avant même que celle-ci ne soit déclenchée, elle a reçu la visite de l’ancien maire de Laval, Gilles Vaillancourt, aujourd’hui accusé de gangstérisme, qui lui a offert son aide pour financer sa formation politique. La candidate à la mairie a rendu publics des extraits de la conversation le 8 octobre dernier. Elle disait alors craindre pour sa sécurité.
Le lendemain, son directeur de campagne, Reny Gagnon, a porté plainte à la Sûreté du Québec, affirmant avoir été victime d’une agression sur la route. Les policiers ont mis en doute son histoire et l’ont accusé de méfait public. M. Gagnon se dit aujourd’hui victime d’un complot.
L’homme d’affaires Guy Landry, a aussi fait les manchettes en raison de ses démêlés avec le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale. Celui-ci lui réclame 40 000 $ pour des prestations payées en trop. Ses candidats du Nouveau Parti des Lavallois lui ont posé des questions, mais faute d’explications claires, quinze d’entre eux ont décidé de claquer la porte.
L’ancienne directrice de son parti, Nathalie Rochefort, a de plus porté plainte au Directeur général des élections puisqu’elle soupçonne des irrégularités dans le financement du NPL. Depuis ses allégations, M. Landry s’est fait plutôt discret dans les médias.
Le chef du Parti au Service du citoyen (PSC), Robert Bordeleau, n’a pas été épargné pendant la campagne électorale. Avant même qu’elle ne débute, quatre candidats pressentis du PSC ont quitté le navire. Les démêlés de leur chef avec Revenu Québec ont motivé leur décision. C’est que M. Bordeleau et son entreprise ont une créance de quelque 120 000 $ envers le gouvernement du Québec. Le chef du PSC s’est défendu en disant qu’il n’avait rien à se reprocher puisqu’il avait été victime d’une fraude.
L’ancien député du Parti libéral du Canada, Jean-Claude Gobé, a aussi eu droit à quelques attaques en raison de son passé. Il y a quelques jours, il a été rapporté qu’il a bénéficié du financement illégal de la part du Groupe Séguin – aujourd’hui la firme Génius – du temps où il siégeait à l’Assemblée nationale. Il a aussi été rapporté qu’il a travaillé pour une entreprise qui a fait faillite au début des années 2000. Le passé de deux de ses candidats, Pietro Iannuzzi et Nick Colasurdo, a également refait surface. Le premier, avocat de profession, a fait l’objet de plaintes pour négligence professionnelle et le deuxième est soupçonné d’avoir été mêlé au scandale des garderies en 2010. Enfin, l’ancien agent officiel de M. Gobé, Jacques Chouinard, fait face à sept chefs d’accusation pour avoir enfreint la loi électorale. M. Gobé s’est toujours défendu d’avoir mal agi.