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28 hommes arrêtés pour possession de pornographie juvénile

Photo: Sûreté du Québec

Vingt-huit hommes entre 21 et 68 ans provenant de vingt-cinq villes du Québec ont été arrêtés depuis lundi pour possession, distribution et reproduction de pornographie juvénile sur le web.

Certains des prévenus viennent de la région de Montréal et y ont été arrêtés.

L’opération a été réalisée dans le cadre du projet Mainmise amorcé en juin par la Sûreté du Québec (SQ), qui en a dévoilé les premières données jeudi. Trois-cent-trente policiers à travers le Québec ont pris part à cette opération policière considérée comme «la plus importance en matière de pornographie juvénile au Québec».

Au total, 30 sujets sont visés, ce qui pourrait mener à d’autres arrestations dans les prochains jours.

Une victime, un jeune Québécois de 5 ans, qui aurait été abusé par l’un des suspects, a pu être identifiée dans le cadre de ce projet. Il était dans l’entourage immédiat de l’homme. La victime a immédiatement été prise en charge par la Direction de la protection de la jeunesse.

«L’analyse des systèmes informatiques nous permet d’identifier des gens qui sont attirés sexuellement par de jeunes enfants. En entrant en contact avec l’entourage des suspects, nous sommes en mesure de déterminer si les accusés ont fait des victimes autour d’eux. C’est ainsi que nous avons pu identifier la jeune victime de 5 ans», précise Jean Lafrenière, responsable de l’équipe d’enquête sur l’exploitation sexuelle des enfants sur Internet.

La SQ doit mener plusieurs rencontres de ce genre avec l’entourage des suspects au cours des prochaines semaines afin d’évaluer s’il y a d’autres victimes impliquées.

Depuis avril 2012, la Sûreté du Québec a également été en mesure d’identifier 40 autres jeunes victimes québécoises.

Pour le moment, la SQ croit que ces hommes ont agi individuellement, mais une enquête plus poussée pourrait mener à des preuves montrant qu’ils ont communiqué entre eux et qu’ils pourraient agir en réseau.

La SQ ne peut dévoiler de quelle manière ils ont pu se rendre jusqu’à l’identification des accusés, mais ils indiquent que c’est en lien avec «la façon dont ils utilisaient leur ordinateur».

En conférence de presse jeudi, Jean Lafrenière a affirmé que certains de ces accusés sont des récidivistes ayant déjà été reconnus coupables de crimes à caractère sexuel, dont un pour leurre d’enfants. Certains sont aussi en contact avec des enfants dans le cadre de leurs activités professionnelles, sans toutefois être enseignant, selon la SQ.

«Des centaines de milliers, peut-être même des millions, de fichiers vidéos et photos ont été saisis [à travers les 31 perquisitions effectuées depuis lundi]», a mentionné M. Lafrenière. Vingt-huit ordinateurs ont également été saisis.

Seulement une infime partie des fichiers a été analysée jusqu’à maintenant. D’autres victimes pourraient être identifiées dans les prochaines semaines après une analyse plus en profondeur.
Avec cette opération, la Sureté du Québec a voulu démontrer leur proactivité en matière de lutte contre les prédateurs sexuels.

«On prend le taureau par les cornes et on n’attend pas seulement les dénonciations pour être proactifs. On voulait vraiment démontrer notre productivité, sans mettre de pression sur les victimes. Nous aussi on va sur le web et on détecte des prédateurs sexuels», a précisé M. Lafrenière.

La plupart des suspects arrêtés ont déjà comparu ou comparaîtront jeudi après-midi au Palais de justice de leur district judiciaire. Ils pourraient faire face à diverses accusations reliées à l’exploitation sexuelle des enfants, telles que production, possessions, distribution de pornographie juvénile, avoir accès à de la pornographie juvénile et dans certains cas, agression sexuelle.

Au total, 61 chefs d’accusation sont actuellement retenus contre 20 des accusés.

Prise en charge des victimes


Selon les critères établis par la Direction de la protection de la jeunesse, lorsqu’une victime de sévices ou d’abus sexuels est retirée de son milieu familial pour être confiée à une famille d’accueil ou un centre de réadaptation, c’est qu’il est impossible d’assurer sa sécurité dans ce milieu.

L’agresseur pourrait donc autant être un parent, mais aussi un conjoint, un colocataire ou une personne habitant sous le même toit ou dans l’environnement immédiat de l’enfant. Si les parents ne sont pas en mesure d’éloigner l’agresseur du milieu familial, l’enfant doit donc être pris en charge par la DPJ.

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