Lac-Mégantic : la contamination de la Chaudière en images
La contamination de la rivière Chaudière, dans les mois qui ont suivi la tragédie de Lac-Mégantic, est l’objet d’une exposition photographique présentée jusqu’au 5 février à la Maison du développement durable.
Le photographe Michel Huneault a eu un accès privilégié aux berges contaminées de la rivière, dès les premiers jours après la catastrophe et lors d’une dizaine de visites étalées sur cinq mois.
«Pour avoir une autorisation, ça m’a pris deux jours de négociations officielles avec les autorités, la Ville de Lac-Mégantic, le ministère de l’Environnement et les entreprises de décontamination, qui se renvoyaient la balle et ne voulaient laisser entrer personne», a raconté M. Huneault, mardi, à son vernissage.
Il est l’un des seuls, sinon le seul, à avoir documenté en images la progression du déversement dans la rivière Chaudière de façon aussi assidue et régulière. Il voulait ainsi faire le portrait de cette pollution, une partie de la tragédie pratiquement invisible aux yeux du public.
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«Les photos à dominante de rouge, c’est lors des trois premières semaines, les dominantes de blanc-beige, c’est pendant les travaux de décontamination, et les dominantes de bleu, c’est surtout au mois de novembre et décembre. Les traces sont maintenant beaucoup plus diluées», a rapporté l’artiste.
Intitulée Contamination + Addiction, l’exposition se veut aussi une réflexion sur notre dépendance au pétrole.
Cette exposition inaugure la programmation hiver-printemps de la Maison du développement durable, qui abordera les enjeux des changements climatiques, d’énergie, d’innovations sociales et d’action citoyenne par une dizaine d’expositions, des conférences et des débats.
L’institution a d’ailleurs reçu de l’arrondissement de Ville-Marie un financement de 20 000$ sur un an pour développer leur volet culturel.
Des citoyens dénoncent le manque de transparence
Des membres du Comité citoyen de la région du lac Mégantic, un groupe formé en décembre, étaient à Montréal mardi pour dénoncer le fait que les citoyens soient laissés dans l’incertitude par rapport à la contamination et la décontamination des sols et de la rivière Chaudière. Ils croient que le gouvernement du Québec ne leur donne pas toute l’information possible.
«On voudrait des données régulières sur la qualité de notre eau, parce qu’on sait que le pétrole s’infiltre dans le sol et que ça pourrait atteindre la deuxième nappe phréatique. Mais il n’y a aucun suivi avec les citoyens», a regretté Marilaine Savard, porte-parole du comité.
Le groupe souhaite obtenir du financement qui leur permettrait de mandater des firmes indépendantes pour analyser l’eau et les sols et leur fournir de l’information vulgarisée.
Le ministre de l’Environnement, Yves-François Blanchet, n’a pas donné suite à la demande d’entrevue de Métro.