Montréal

Des célébrités exigent de changer le statut juridique des animaux

Photo: Collaboration spéciale

Les animaux ne doivent plus avoir le même statut juridique qu’une table ou un grille-pain, affirment une trentaine de célébrités signataires d’une missive rendue publique mercredi.

Selon le Code civil du Québec, un chien, un singe ou une vache détient le même statut qu’un meuble. «Ce point de vue légal ne concorde pas avec la conception de la majorité des Québécois, pour qui les animaux sont bien plus qu’un objet inanimé», explique Sophie Gaillard, coauteure du manifeste et avocate à la Société de prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA).

Parmi les signataires du manifeste, on trouve les animateurs Julie Snyder et Jacques Languirand, la comédienne Anne Dorval et l’ex-hockeyeur Georges Laraque. Aux yeux de l’avocate Anne-France Goldwater, qui a aussi signé le manifeste, il est grand temps que se tienne un débat public sur la réforme du statut juridique, et que les politiciens se prononcent sur le dossier.

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«Il y aurait moyen de modifier le code civil pour y ajouter une disposition qui donnerait aux animaux une classe spéciale, afin de reconnaître que nous avons une responsabilité comme propriétaire de veiller à leur bien-être», fait valoir la juriste, qui admet toutefois que certaines personnes n’ont pas toujours les moyens financiers d’assurer ce bien-être.

Trop de gens ignorent encore à quel point les animaux sont dépourvus de droits, avance la signataire Elise Desaulniers, auteure du livre Vache à lait. «Des milliers de bêtes d’élevage, mais aussi de compagnie, sont maltraitées, abattues ou abandonnées sans qu’aucune défense ne soit possible», rappelle-t-elle.

Les connaissances scientifiques ont prouvé que les animaux vertébrés ont des capacités cognitives et une sensibilité émotive, et sont donc en mesure de ressentir le plaisir ou la souffrance, poursuit le chercheur en philosophie à McGill, Martin Gibert. «Un principe en éthique est celui du tort; il ne faut pas faire de tort non-nécessaire aux individus. Si on constate que comme les personnes, les animaux ont intérêt à ne pas souffrir, on devrait leur appliquer ce même principe», ajoute-t-il.


Des initiatives prises ailleurs

Plusieurs pays ont modifié des dispositions de leur code civil pour modifier le statut des animaux.

  • Les codes civils autrichien, allemand et suisse contiennent une disposition édictant que les animaux sont des êtres vivants et doivent être protégés par des lois spéciales.
  • L’Inde, en 2013, a annoncé que les dauphins, les cachalots et les baleines sont des «personnes non humaines, bénéficiant ainsi de droits fondamentaux comme l’interdiction d’être mis en captivité.

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