Les associations étudiantes dénoncent la force policière
La Coalition large de l’Association pour une Solidarité Syndicale
Étudiante (CLASSE) et la Fédération étudiante universitaire du Québec
(FEUQ) ont dénoncé la force employée par les policiers, mercredi, lors de la manifestation étudiante tenue devant les bureaux de Loto-Québec et de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ).
Francis Grenier, un étudiant du cégep de Saint-Jérôme, a reçu une bombe assourdissante, tirée par un policier du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), dans l’œil droit. Le jeune homme a subi une délicate intervention chirurgicale dans la nuit de mercredi à jeudi. Il ignore encore s’il recouvrira la vue. «J’ai encore peur pour mon œil, a-t-il déclaré sur les ondes de LCN. Pour le moment je ne vois que des ombres, mais très peu».
Le SPVM a indiqué travailler à éclaircir les circonstances de cet incident. Pour le moment, la Sûreté du Québec (SQ) n’a pas reçu de mandat du gouvernement du Québec pour enquêter sur cet événement.
«Alors que la ministre [de l’Éducation] ne cesse d’appeler au calme et au civisme, les forces policières font preuve de violence et d’intimidation, a critiqué Gabriel Nadeau-Dubois, coporte-parole de la CLASSE. Si le gouvernement libéral pense que c’est par la répression policière qu’il fera rentrer en classe les 130 000 grévistes, il se trompe.»
La présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, a pour sa part demandé au premier ministre Charest de rappeler à l’ordre les forces policières.
«En ne dénonçant pas la répression policière contre les étudiants, le premier ministre, ministre de la Jeunesse, y consent, a-t-elle déclaré par voie de communiqué. Combien de temps encore Jean Charest va-t-il se mettre la tête dans le sable? Combien d’autres événements malheureux de ce genre va-t-il se produire avant que le gouvernement prenne ses responsabilités? Il devrait plutôt promouvoir la discussion au lieu de l’affrontement.»
Plus de 20 personnes ont été blessées au cours de l’intervention policière de mercredi, dont un policier. Pour l’instant, sept étudiants ont été arrêtés. Ils devraient être accusés de ne pas avoir respecté certains règlements municipaux et de ne pas avoir obtempérés aux ordres des policiers.