«Montréal a un parti pris pour la libération des données», dit Chitilian
Samedi, c’est la journée internationale des données ouvertes (open data, en anglais). Un concept en émergence qui consiste pour une organisation à libérer des données internes pour permettre à des développeurs informatiques de créer des applications telles que la carte des restaurants épinglés pour manque d’hygiène ou celle des logements insalubres. Si Montréal a pris du retard dans le peloton des villes intelligentes, elle s’est promise de le rattraper. Entrevue avec Harout Chitilian, l’élu responsable du dossier.
Comment fait-on pour rendre Montréal intelligente?
Un plan de match précis sera établi d’ici la fin de l’année. Il sera piloté par le Bureau de la ville intelligente, une équipe qui comptera à terme cinq personnes chargées de trouver ce qui se fait de mieux ailleurs et de voir comment on pourrait l’appliquer ici. Par exemple, à Toronto, le système 311 permet aux citoyens d’envoyer des requêtes par cellulaire, par Twitter ou par courriel. Pas juste par téléphone. Leur service est directement connecté avec la Direction des travaux publics ce qui n’est pas le cas à Montréal où il n’y a pas non plus d’échange d’information sur le degré d’avancement de la résolution du problème. On devra aussi notamment réfléchir à l’axe de la collaboration. À New York, on met par exemple les utilisateurs des bibliothèques à contribution pour le développement de certaines applications.
Montréal est-elle prête à libérer des données sensibles comme celles des logements insalubres?
Montréal a jusqu’ici beaucoup avancé sur les questions logistiques. On a ainsi adopté une politique sur les données ouvertes et créé une plateforme de diffusion des données. Mercredi, on a adhéré à une licence commune avec le gouvernement et certaines municipalités qui facilitera le travail des programmeurs. Il reste effectivement du travail à faire pour rejoindre des villes comme New York qui a déjà relâché près de 1000 blocs de données, alors que Montréal en est à environ 70. Il s’agit d’une question de gouvernance, mais on va corriger cela, car on a un parti pris pour la libération des données.
Comment soulignera-t-on la journée des données ouvertes samedi à Montréal?
Il y a plusieurs ateliers. On parlera du rôle des données ouvertes dans le système d’appels d’offres du gouvernement, dans les inspections de salubrité des restaurants ou dans le dossier du rôle d’évaluation foncière et des taxes. Il y aura aussi un hack-a-thon, où de nouvelles applications seront créées à partir de données ouvertes. La Ville de Montréal est partenaire de l’évènement qui est organisé par Montréal ouvert.