Montréal

Le sommet sur l’agrile du frêne s’ouvre lundi

Photo: Ville de Montréal
Lundi, l’agrile du frêne sera au coeur des discussions entre les maires d’arrondissement et ceux des villes défusionnées de l’île de Montréal. L’insecte ravageur exotique met en péril les 200 000 frênes montréalais. Alors que plusieurs villes de l’Ontario ont quasiment perdu la bataille, Montréal a détecté les premiers foyers d’infection suffisamment tôt et tentera de limiter la casse. Encore faudra-t-il se regrouper pour agir de façon concertée. Voici trois enjeux qui seront au cœur des discussions.
Un plan d’urgence commun
Le responsable de l’environnement au comité exécutif de la Ville Montréal, Réal Ménard, l’a précisé à plusieurs reprises lors du conseil municipal: pour être réellement efficace, la lutte à l’agrile du frêne doit être menée sur tous les fronts. Or, des villes défusionnées et certains arrondissements rechignent à sortir le chéquier pour compléter les opérations de géoréférencement des arbres, de dépistage ou de traitement à l’insecticide TreeAzin et gagner ainsi un peu de temps. «La situation est préoccupante, mais il ne faut pas être alarmiste. Si on arrive à se donner une stratégie commune d’agglomération, on peut arriver à sauver une partie des frênes», clame M. Ménard, qui présentera dix propositions pour lutter contre l’agrile lundi.

Revoir la règlementation
En plus des élus hésitants, il faudra aussi convaincre les citoyens qui ont des frênes sur leur terrain. Car l’agrile se reproduit et s’étend de façon accélérée. «La règlementation actuelle ne permet pas aux employés de la Ville de faire du dépistage sur des terrains privés ou de forcer un citoyen à prendre des mesures pour éviter la propagation», indique Sylvain Ouellet, un élu de Projet Montréal qui suit le dossier. Il déplore aussi qu’en raison d’une classification comptable, l’arbre ne soit pas considéré comme un investissement. La Ville ne peut donc pas emprunter de l’argent pour remplacer les frênes. Or, remplacer ne serait-ce que 50% des 200 000 frênes publics coûterait environ 300M$.
Changer la culture
«Les frênes représentent 20% des arbres à Montréal et on sait que les arbres jouent un rôle sur la captation de la pollution et d’une partie des eaux de pluie. Ce faisant, ils allègent les égouts vieillissants, en plus de  jouer un rôle de santé publique et de donner de la valeur aux propriétés», note Daniel Kneeshaw, professeur en écologie forestière à l’UQAM. Selon une étude effectuée dans 15 États américains, la perte d’arbres infestés par l’agrile a causé, entre 2002 et 2007, 21 000 cas de surmortalité liés à des problèmes pulmonaires ou cardiorespiratoires. La plupart des frênes montréalais ont été plantés il y a 60 ans pour remplacer les ormes victimes de la maladie hollandaise. En raison de l’absence de diversification des espèces replantées, l’histoire se répète.

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