Le bruit causé par les transports nuit à la santé des Montréalais
Les niveaux de bruit générés par les transports routier, aérien et ferroviaire à Montréal dépassent à plusieurs endroits ceux recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), selon un avis de la Direction de la santé publique rendu public jeudi.
Ces bruits peuvent avoir un effet significatif sur la santé des citoyens, contribuant notamment à la perturbation du sommeil et aux problèmes cardiovasculaires, avertit la DSP.
La DSP a mesuré les bruits ambiants pendant deux semaines en 2010 avec des sonomètres installés à 87 endroits sur l’île de Montréal et a calculé les moyennes. Résultat? Environ 70% des échantillonnages de jour et 25% des échantillonnages de nuit dépassent 55 dB(A) (décibels pondérés pour l’oreille humaine), soit la limite recommandée par l’OMS.
C’est autour des grandes artères routières, des gares de triage ferroviaires et de l’aéroport Montréal-Trudeau que les mesures sont les plus élevées. Près de la zone de triage dans l’arrondissement de Pointe-Saint-Charles, une moyenne de 72 dB(A) a été relevée si on combine le jour et la nuit. À certains endroits, comme dans un secteur de l’arrondissement de Saint-Laurent, plusieurs nuisances se combinent.
La Ville de Montréal a l’intention de répondre à ce problème en instaurant des mesures pour diminuer l’exposition de la population au bruit, notamment par le schéma d’aménagement et de développement actuellement en préparation, a affirmé jeudi Réal Ménard, responsable de l’environnement à la Ville de Montréal.
M. Ménard envisage d’imposer des exigences plus importantes en matière d’insonorisation pour les nouvelles constructions résidentielles dans les secteurs aux niveaux sonores élevés. «On pourrait demander des doubles vitrages, des chambres le plus loin possible des routes, des formes de végétalisation, a exposé M. Ménard. Alors oui, les règles pourraient être un peu plus contraignantes pour les promoteurs.» Le zonage pourrait même être revu pour interdire toute construction résidentielle dans certains secteurs, en particulier à proximité de l’aéroport.
M. Ménard prévoit aussi présider dès septembre un comité qui réunirait tous les acteurs des transports, notamment la Ville de Montréal, le ministère des Transports du Québec, Aéroports de Montréal et les compagnies ferroviaires pour élaborer une politique régionale de lutte au bruit. À peu près aucune mesure n’est toutefois prévue pour accommoder les citoyens qui souffrent des niveaux de bruit dans leurs habitations actuelles. «C’est un cadre qui va surtout concerner l’avenir», a admis M. Ménard.
C’est entre autres ce que décrie le groupe Les Pollués de Montréal-Trudeau. Ces citoyens déplorent qu’on ne s’attaque pas du tout aux causes du bruit, mais seulement aux symptômes. Ils revendiquent le rehaussement du niveau de vol des aéronefs au-dessus de Montréal et le retour à un couvre-feu à l’aéroport.
