Montréal doit investir 256M$ par année dans ses routes
Si Montréal veut ramener l’état de son réseau routier à un niveau souhaitable, la Ville devrait investir 256M$ par année pendant 5 ans.
C’est la conclusion qui a été présentée mercredi matin aux élus du comité exécutif par Chantal Aylwin, directrice des infrastructures de la Ville de Montréal.
Entre 2011 et 2013, c’est plutôt 88M$ par année qui ont été injectés pour rétablir le réseau. Résultat: le déficit d’entretien augmente et la détérioration du réseau routier se poursuit, a déploré Mme Aylwin.
Pour les prévisions budgétaires de 2015, la fonctionnaire a recommandé aux élus d’accorder un investissement annuel d’au moins 200M$.
Selon des observations réalisées en 2011 par la direction des infrastructures et leur estimation des routes, qui atteindront la fin de leur durée de vie utile d’ici 2015, 738km de chaussées seraient à réhabiliter sur le territoire de Montréal pour un coût total de 1,2G$.
En 2011, 3% du réseau routier a été jugé en mauvais ou très mauvais état, et 21% dans un état acceptable. Le déficit d’entretien était alors de 310km de chaussée.
L’augmentation des investissements proposés par la fonctionnaire permettrait d’amener l’état des routes à un niveau jugé acceptable pour la Ville, soit un indice de «bon» ou «très bon» pour le réseau artériel, et au moins «passable» pour le réseau local.
Mme Aylwin a ajouté qu’un investissement supplémentaire était également nécessaire dans l’entretien préventif et courant des structures. Elle évalue à 125M$ à injecter par année pour permettre de garantir la durée de vie des infrastructures ou de la prolonger. C’est près de 50M$ de plus que ce qui est injecté actuellement.
Nids-de-poule
Le maire Denis Coderre a demandé mercredi aux fonctionnaires du service des infrastructures présents à la réunion du comité exécutif d’amorcer une négociation avec des universités de Montréal pour les conseillers dans l’entretien de la chaussée afin d’éviter la création de nids-de-poule.
«Les universités pourraient évaluer si on peut utiliser d’autres produits, parce qu’on a l’impression que c’est un éternel recommencement», a indiqué M. Coderre, qui a également demandé aux fonctionnaires un «topo très clair sur les produits qu’on utilise» actuellement.
Un procédé de colmatage de nids-de-poule développé notamment par l’École de technologie supérieure avait déjà vu le jour dans l’arrondissement du Sud-Ouest en 2013. Mais la performance du produit pourrait avoir attiré les foudres de saboteurs, croit la PME Solution GRB responsable du projet.