Montréal

Un pas de plus vers la protection du jardin de la Maison Notman

Un pas de plus vers la protection du jardin de la Maison Notman
Photo: Yves Provencher/Métro

Avec un énoncé de l’intérêt patrimonial du lieu en poche, les groupes qui se portent à la défense du jardin de la Maison Notman disposeront d’un outil de plus pour convaincre le gouvernement provincial de le classer comme bien patrimonial.

Dans l’énoncé, produit par la Division du patrimoine de la Ville de Montréal et dont Métro a obtenu copie, on peut lire que le terrain, situé à l’angle des rues Clark et Milton, constitue «une oasis de verdure» pour le quartier et qu’il comporte plusieurs éléments de valeur paysagère et historique.

Le maire de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, a d’ailleurs envoyé hier une lettre ouverte à la ministre québécoise de la Culture et des Communications, Hélène David, pour l’enjoindre de protéger le terrain, actuellement une propriété privée, mais laissé en friche.

Plusieurs projets de développement ont été proposés depuis les années 1990, sans suite.

«On a bon espoir que la ministre Hélène David accueille favorablement notre demande que ce jardin soit classé [patrimonial], affirme Alex Norris, conseiller de ville du district Jeanne-Mance. Ce n’est pas automatique, mais ça renforce notre argumentaire dans le dossier.»

Le porte-parole du Mouvement citoyen pour la préservation du jardin Notman, Tony Antakly, s’est dit «ravi» de l’énoncé et de la lettre ouverte. «Tout le monde est d’accord que c’est un joyau, un jardin d’une valeur exceptionnelle, dit celui qui habite le quartier, dans le sud du Plateau Mont-Royal. Les arbres apportent un souffle d’oxygène. Si les arbres disparaissent, ça va changer le visage du quartier.»

Il ajoute que, si le gouvernement décide de protéger l’endroit, son mouvement a comme projet de le transformer en «parc à vocation culturelle et artistique», à temps pour le 375e anniversaire de Montréal en 2017. M Antalky explique que les citoyens n’ont pas actuellement accès au terrain puisque c’est une propriété privée, ce qui les empêche d’entretenir les arbres.

Dinu Bumbaru, directeur des politiques chez Héritage Montréal, aimerait par contre voir la Ville s’occuper du dossier. «Que l’arrondissement [fasse de la pression], c’est tout à fait pertinent. Mais on espère que l’arrondissement va travailler avec la Ville, parce que l’interlocuteur du ministère, ce n’est pas le Plateau», juge-t-il.

«L’énoncé a été fait par des fonctionnaires et des professionnels, donc c’est un travail professionnel. Ce dont nous avons besoin, aussi, c’est d’une solidarité politique», renchérit-il.

Il a été impossible pour Métro de contacter hier la responsable de la culture, du patrimoine et du design au comité exécutif de Montréal, Manon Gauthier.

Quelques éléments importants retenus dans l’énoncé de la Division du patrimoine sur le jardin Notman :

  • «L’âge et la taille des érables argentés et des chicots du Canada», «de provenance inexpliquée», et «rares dans un espace urbain»
  • Le terrain est témoin «de l’implantation des grandes villas de la rue Sherbrooke construites au XIXe siècle»
  • «Son lien avec l’ancien hospice St. Margaret comme jardin de repos des résidants»

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