Montréal

Montréal investira 23M$ dans sa stratégie de ville intelligente

Montréal investira 23M$ dans sa stratégie de ville intelligente
Photo: Archives Métro

Montréal disposera de 23M$ sur 3 ans pour déployer sa Stratégie de ville intelligente et numérique, a annoncé jeudi Harout Chitilian, l’élu responsable des technologies de l’information. Cette stratégie passera notamment par l’implantation d’un Service 311 numérique et de lampadaires intelligents.

«Ce plan rigoureusement élaboré avec l’apport des citoyens nous permettra de leur offrir des services et une qualité de vie renouvelée grâce à la mise en valeur des forces de la métropole», a déclaré M. Chitilian, lors de la présentation des grandes lignes de la Stratégie montréalaise ville intelligente et numérique 2014-2017.

Les projets prioritaires seront connus au cours de la présentation du plan d’action d’ici quelques semaines. On sait déjà que le Service 311 sera numérique. Les citoyens pourront, par exemple, avertir la Ville d’un nid-de-poule via l’internet, envoyer des photos, le géolocaliser et suivre l’évolution du dossier par l’entremise de leur téléphone intelligent.

«À New York, ce genre de service a permis de déceler les quartiers ayant des problèmes de rats et d’apporter des solutions plus structurantes. Le téléphone est resté la principale façon de signaler un problème, mais cette option technologique a permis de toucher les jeunes qui sont généralement peu engagés dans la vie de la cité», croit Stéphane Guidoin, membre de Nord Ouvert, un organisme ayant pour mission de créer des outils interactifs pour améliorer la démocratie.

M. Guidoin avoue qu’il aurait toutefois aimé avoir plus d’éléments concrets, lors de cette présentation de la Ville. En effet si la stratégie en quatre axes présentée jeudi fait notamment la part belle à l’ouverture des données municipales, elle reste floue. On ne sait pas, par exemple, si Montréal relâchera les données sur les logements insalubres comme le fait Vancouver, si l’agenda du maire sera rendu public comme à Calgary, ou si une cartographie du crime sera réalisée, comme le propose déjà Halifax. «Espérons que la Ville sera moins frileuse», clame Pascal Robichaud, militant de l’open data (@DO101Mtl).

Il souligne que la Table de concertation censée favoriser la libération de données ne s’est pas réunie depuis un an. La Ville vient néanmoins de relâcher toutes ses données sur les contrats qu’elle octroie. Elle a lancé dans la foulée un appel d’offres pour créer un portail de visualisation afin de les rendre plus digestes à assimiler. Ce genre d’outil vise à favoriser la concurrence entre fournisseurs et à permettre de déceler plus facilement la collusion dans certains secteurs.

Harout Chitilian a aussi indiqué qu’il réfléchissait à déployer un système d’éclairage intelligent où l’intensité lumineuse varierait selon la fréquentation de la rue et l’heure de la journée. «C’est une question d’efficacité énergétique. Et en créant un centre de contrôle capable notamment de déceler les pannes à distance, on en favorisera la gestion», a-t-il précisé.

«Dans certains secteurs qui ont adopté l’éclairage intelligent, l’énergie consommée est divisée par 5» -Pauline Garin, du service de presse de la ville de Lyon, en France.

 

L’opposition officielle a souligné plusieurs contradictions dans la stratégie présentée jeudi. «La Ville annonce aujourd’hui vouloir favoriser les logiciels libres mais, en 2014, on a systématiquement renouvelé toutes les licences du système d’exploitation Windows 7 et de la suite Office 2013, et ce sans faire de place aux logiciels libres», a déclaré Marc-André Gadoury, élu de Projet Montréal. Les licences pour ses logiciels  ont coûté près de 8M$, mais devront être remplacés dès 2020, car Microsoft n’assurera plus de service après-vente.

Harout Chitilian précise que l’achat d’Office 2013 a été suspendu depuis que la Ville a adopté un moratoire sur les achats bureautique dans un contexte où elle réfléchit à la configuration du bureau de demain. Une philosophie qui ferait la part belle à l’infonuagique et au télétravail, où les besoins informatiques seraient donc différents.