10 écoles sur 12 à pleine capacité à Saint-Laurent
À Saint-Laurent, dix écoles primaires sur les douze existantes ont atteint leur pleine capacité, malgré une vague d’agrandissements des établissements réalisés depuis 2005. Faute d’espace, des enfants sont forcés de s’inscrire dans des écoles à l’extérieur de leur quartier. D’autres pourraient être contraints un jour de poursuivre leur éducation dans un autre arrondissement.
Dans l’ensemble des écoles laurentiennes, suffisamment d’élèves sont inscrits pour former 328 classes. Or, la capacité actuelle est seulement de 307. Seules Édouard-Laurin et Katimavik-Hébert ont encore des locaux libres.
Conséquence, dans la majorité des établissements scolaires de l’arrondissement, des enseignants doivent temporairement donner leurs cours dans des locaux normalement réservés à la musique ou à l’art plastique, ou même dans des sections de la bibliothèque.
Chaque jour, des enfants doivent être déplacés en autobus vers des écoles à l’extérieur de leurs quartiers, pouvant aller jusqu’à 5 km de leur résidence.
«Ces dernières années, on s’est solutionné nous-mêmes en agrandissant tout ce qui est autour et en amenant les élèves dans des écoles avoisinantes, explique Diane Lamarche-Venne, présidente de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB). Mais là, tout est rempli, tout est construit, on a agrandi partout, et puis ça continue de déborder. On songe à envoyer les enfants dans les écoles des arrondissements adjacents.»
La situation est particulièrement problématique dans l’est de l’arrondissement, notamment dans le quartier Chameran, desservi en partie par l’école Henri-Beaulieu, qui ne parvient pas à répondre à la demande.
Ainsi, chaque jour, les enfants chameranais sont transportés dans les écoles Laurentide, Jean-Grou et des Grands-Êtres, qui sont toutes récemment ou en voie d’être agrandies.
«À plusieurs reprises, on a essayé de voir avec l’arrondissement ce qui était possible afin d’avoir un nouveau terrain dans Saint-Laurent est», explique Diane Lamarche-Venne, présidente de la CSMB.
L’arrondissement, toutefois, soutient qu’aucun terrain leur appartenant n’est actuellement disponible afin d’aider la commission scolaire.
Dans l’Ouest, grâce à la nouvelle école primaire Saint-Laurent Ouest qui ouvrira ses portes à l’automne, la situation est pour le moment un peu moins inquiétante. Cet ajout de 28 classes permet d’offrir une petite marge de manœuvre aux établissements scolaires avoisinants.
Tout de même, dès septembre, elle sera remplie à pleine capacité, puisqu’elle doit accueillir plusieurs élèves qui n’auront pas de place à l’école Cardinal-Léger. Cette dernière compte actuellement six classes portables dans la cour de récréation.
Pour la CSMB, trouver une école pour tous les enfants de Saint-Laurent s’avère un véritable casse-tête.
Des mesures insuffisantes
Le conseil de Saint-Laurent affirme être conscient de la problématique et multiplier depuis des années les actions afin d’encadrer l’importante croissance démographique sur le territoire, qui compte désormais plus de 100 000 habitants. Dans les dix dernières années, il a approuvé les projets d’agrandissement de huit écoles primaires, et la construction de trois nouvelles.
«Il est important de souligner que la construction ou l’agrandissement de toute école fait face à des contraintes importantes, explique le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa, dans un communiqué. Premièrement, les terrains municipaux vacants sont très rares sur l’île de Montréal. Deuxièmement, le gouvernement du Québec finance uniquement les coûts de construction des écoles et non l’achat des terrains. Il s’agit d’une situation que nous déplorons et qui complexifie d’autant la recherche de solution.»
Un problème répandu
Selon Mme Lamarche-Venne, le problème de manque de terrain vacant ne serait pas unique à Saint-Laurent.
«Je milite auprès du ministère pour qu’il surveille de près les terrains sur l’Île. Je comprends que ces terrains valent beaucoup d’argent, que les arrondissements ont intérêt à se densifier en résidences privées pour avoir un certain gain en taxes et augmenter leurs revenus. Là où je ne comprends pas, c’est que les arrondissements n’ont pas de problèmes à approuver des plans d’urbanisme où il n’y a aucun service à la population, pas d’écoles, pas de CPE, etc. Je ne suis pas celle qui remet les permis, mais je suis celle qui récolte les problématiques.»
Le maire DeSousa répond toutefois que l’identification des besoins du réseau éducatif demeure une préoccupation constante pour l’arrondissement, lequel «maintient une collaboration étroite à ce sujet avec les autorités scolaires. L’identification des besoins s’inscrit ainsi dans la planification des nouveaux quartiers en fonction des clientèles projetées de ces quartiers.»
La tendance ne semble pas prête de se résorber. En septembre dernier, 18 069 enfants ont fait leur entrée à la maternelle dans la région de Montréal. En 2018, le Ministère de l’éducation estime que ce nombre augmentera à 19 518, soit une augmentation de près de 10%.
La hausse risque de se faire sentir encore davantage à Saint-Laurent, où la population croit d’environ 2% par année depuis 2001. Le quart des enfants présents sur le territoire sont âgés de moins de 6 ans.