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Sables bitumineux: l'heure est à l'action

Les membres de la Maison du développement durable ont ceci en commun: ils ont plusieurs outils dans leur coffre pour changer le monde. Ils savent très bien que pour améliorer l’équité sociale, défendre les droits de la personne ou protéger l’environnement, il faut poser des gestes à plusieurs niveaux: éduquer le citoyen, sensibiliser les fonctionnaires, influencer les entreprises, convaincre les élus, etc.

Or, tous ces objectifs nécessitent une panoplie d’actions. Pour rejoindre les jeunes, on publie des outils pédagogiques; pour convaincre les entrepreneurs, on organise des foires sur l’environnement; pour mobiliser les universitaires, on organise des colloques, et pour faire bouger les élus, on écrit des mémoires et on fait pression dans les médias.

Le partenariat fait partie de ce coffre à outils. Il est difficile d’imaginer un projet qui a fait davantage appel au partenariat que celui de la Maison du développement durable. Les gouvernements et les entreprises y ont contribué par des subventions et des dons, les universitaires ont partagé leur savoir, les consultants ont donné du temps, les ONG ont investi leurs ressources, les banquiers ont accepté d’imaginer de nouvelles formules de financement… Ce projet existe grâce à plus d’une cinquantaine d’organisations de tous les secteurs et des centaines de personnes.

Ce partenariat est un outil qui nous permet de sensibiliser, notamment par la démonstration, qu’un changement radical sur la façon de construire nos édifices est possible. Que des bâtiments hyperefficaces sur le plan énergétique pourraient devenir la norme aujourd’hui.

Parfois, le partenariat n’est pas suffisant, il faut alors utiliser d’autres outils. Ce fut le cas des grandes marches dans les années 1960, qui ont mené à l’adoption d’une série de lois pour l’émancipation des noirs aux États-Unis.

Au Canada, nous faisons face depuis plus d’une décennie à un débat houleux sur la question de l’environnement. Au centre de ce débat est la question énergétique, et plus particulièrement la deuxième plus importante réserve de pétrole au monde, soit les sables bitumineux de l’Alberta et de la Saskatchewan. Certains veulent poursuivre et même accélérer le développement de cette ressource. Les environnementalistes et plusieurs représentants de la société civile souhaitent plutôt remplacer cette exploitation par des énergies propres comme l’énergie éolienne.

De l’avis de plusieurs, l’exploitation des sables bitumineux est le développement industriel le plus polluant de la planète. Il est pour notre génération ce que l’exploitation de la forêt amazonienne a été dans les années 1980 et 1990.

Or, les colloques, les mémoires, les communiqués de presse, les négociations n’ont fait bouger ni l’industrie ni les gouvernements. Pendant ce temps, les gaz à effet de serre s’échappent, l’eau est contaminée et des écosystèmes entiers sont détruits.

Le temps est venu de poser des gestes plus forts.

Aujourd’hui, un groupe de citoyens manifeste à Ottawa pour que les arguments écologiques soient entendus. Certains iront jusqu’à faire de la désobéissance civile et se faire arrêter par la police. Ces citoyens n’ont pas d’agenda caché et n’ont pas d’intérêts financiers occultes. Ils se préoccupent simplement de la qualité de vie de leurs enfants et de leurs petits enfants.

Plusieurs personnalités publiques, des groupes et citoyens préoccupés soutiennent et prendront part à cette manifestation.

Équiterre sera de ce nombre parce que nous sommes témoins depuis maintenant 15 ans de l’inaction du gouvernement fédéral à l’égard de la question des changements climatiques et des sables bitumineux.

Le temps des discussions et des grands discours est derrière nous. Il faut agir.

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