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Une pétition citoyenne pour la défusion d’Outremont

Une pétition citoyenne pour la défusion d’Outremont
Photo by: (Archives/ TC Media)

Le spectre de la défusion est ravivé à Outremont à la suite d’une pétition par un regroupement citoyen. Celui-ci exige que l’arrondissement tienne un référendum sur sa séparation définitive de la Ville de Montréal.

À terme, le mouvement Reprenons Outremont souhaite faire appel à Québec pour que le gouvernement décrète la défusion par l’adoption d’une loi spéciale. La pétition se veut une réponse à la réforme du financement des arrondissements entérinée par l’administration Coderre en novembre 2014.

Celle-ci sabre près de 20% du budget d’Outremont. «On risque de perdre notre service de sécurité publique, on déneige moins rapidement nos rues. Enfin, on ne peut pas couper dans notre budget et garder les mêmes services qu’avant», explique le porte-parole de Reprenons Outremont, Yves Létourneau. Il considère que depuis la fusion avec la ville-centre, en 2002, les pouvoirs de l’arrondissement sont en déclin.

Un conseil d’arrondissement divisé
La mairesse d’Outremont, Marie Cinq-Mars, a confié à TC Media à l’été, regretter qu’Outremont n’ait pas choisi la défusion en 2005. Même si elle est consciente qu’il n’existe pas de loi permettant la défusion, elle a signalé le jour du conseil du 2 mars «que c’est aux résidents de voir s’ils veulent entamer un tel processus».

Elle se montre compréhensive à l’égard des instigateurs de la pétition alors qu’elle «comprend tout à fait la frustration de certains citoyens» qui ont appris la coupure de 20% du budget de l’arrondissement. «C’est d’autant plus frustrant étant donné les augmentations de taxes qu’ont connues les citoyens durant les dernières années», a-t-elle ajouté.

La conseillère indépendante, Céline Forget, se positionne contre une éventuelle défusion. «Je doute qu’Outremont défusionné soit viable». Elle a tenu à rappeler l’apport économique de la ville-centre pour de nombreux projets locaux, dont la prise en charge financière du Théâtre d’Outremont (500 000$ annuellement), l’injection de capitaux en infrastructure et le développement du campus Outremont de l’Université de Montréal. Selon ses calculs présentés sur son blogue, l’arrondissement pourrait perdre près de 30 M$ s’il devenait une ville.

Il n’y a pas qu’à Outremont où la défusion est dans l’air. L’automne dernier, le maire d’Anjou, Luis Miranda, avait lui aussi lancé une pétition afin que son arrondissement retrouve le statut de ville. Miranda a confirmé à TC Media, le 3 mars, que des démarches pour mobiliser un maximum de résidents d’Anjou autour de la défusion de cet arrondissement demeurent en vigueur. «On fait du porte-à-porte pour prendre le temps de répondre aux questions des résidents» et expliquer les raisons et les impacts reliés à un tel processus, fait-il comprendre.

Jusqu’à présent, plus de 5000 signatures ont été recueillies, mais pour M. Miranda ce n’est qu’un début. Demeurer affilié à la ville-centre est une idée qui le désenchante nécessairement alors qu’il lance la question suivante: «Je vous mets au défi de me nommer une décision positive que Montréal a prise depuis que Coderre est là?». Le maire d’Anjou a l’intention de déposer un dossier auprès de l’Assemblée nationale d’ici le mois de juin, pour faire valoir son point qu’il considère être un «droit démocratique».

Catherine Poulin, attachée politique de Pierre Moreau, ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire, a toutefois fait noter que le ministre s’opposait à la défusion d’Anjou. Selon elle, M. Moreau risque fort bien d’adopter une position semblable pour le cas d’Outremont.

La pétition en ligne est disponible au http://www.reprenons-outremont.com

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