La FAE envisage des moyens de pression qui toucheront les élèves
Les enseignants de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) fourbissent leurs armes. À la veille de l’échéance de leur convention collective, prévue le 31 mars, ils envisagent des moyens de pression qui dérangeront les activités des élèves.
«Il n’y a pas de moyens de pression qui n’ont pas d’impact sur les élèves», a affirmé jeudi le président de la FAE, Sylvain Mallette, en évoquant la deuxième phase de leur plan d’action. Il s’adressait aux médias à la suite d’une manifestation organisée à la place Jean-Paul-Riopelle, au centre-ville de Montréal. Quelques centaines d’enseignants ont marché pour dénoncer les offres du gouvernement qui prévoient notamment des augmentations salariales de 3% sur 5 ans, l’ajout d’élèves dans les classes du primaire et du secondaire et l’inclusion des jeunes en difficulté dans les classes régulières.
Aucun détail de la nouvelle mouture du plan d’action de la FAE n’a été dévoilée puisqu’elle sera présentée au cours des prochaines semaines aux enseignants membres des huit syndicats affiliés à la FAE. Ces derniers doivent donner leur avis sur les moyens de pression à venir et, selon ce qui ressortira des consultations, le conseil fédératif de négociation de la FAE décidera au mois d’avril des actions qui seront entreprises.
«On va vouloir se faire entendre, on va déranger et on va rappeler aux directions d’école, aux commissions scolaires, au ministère de l’Éducation et au gouvernement du Québec notre mécontentement, a dit M. Mallette. Il n’y aura pas de moment libre. Il est prévu d’occuper l’espace et d’occuper nos patrons.»
La grève fait partie des actions qui sont considérées par le regroupement syndical. «Ça reste une arme importante, a dit le président de la FAE. Il y a une réflexion. Ce sont les enseignants qui vont venir nous dire ce qu’ils en pensent et qui, ultimement, vont nous donner le mandat.» Contrairement aux employés de la santé, les enseignants n’ont pas à négocier de services essentiels.
D’ici la fin du mois, les enseignants ne demeureront pas inactifs. Mercredi prochain, la présidente de l’Alliance des professeurs de Montréal, Catherine Renaud, déposera une lettre de dénonciation des offres patronale, signée par des milliers d’enseignants, à la Commission scolaire de Montréal. Des manifestations d’une durée de 13,5 minutes – en référence aux augmentations salariales de 13,5% demandées par les syndicats – sont également prévues le 31 mars prochain, tant aux abords des écoles que des établissements de santé.
Des directions d’école ont déjà avisé les parents que les activités de leurs enfants pourraient être perturbées par les moyens de pression des syndicats.
Le cabinet du nouveau ministre de l’Éducation, François Blais, n’a pas voulu pour sa part se prononcer sur les moyens de pression du syndicat. «On suit la situation, a dit l’attachée de presse du ministre, Julie White. Il y a des négociations qui ont lieu en ce moment. On espère que ça va bien se passer.»
La FAE n’a pas encore rencontré le nouveau ministre de l’Éducation. Elle a fait des démarches afin de lui présenter son point de vue. Elle doute toutefois qu’une telle rencontre puisse changer l’issue des négociations. Surtout qu’elle s’attend à de nouvelles compressions en éducation dans le prochain budget provincial qui sera déposé le 26 mars prochain.
Un récent jugement de la Cour suprême pourrait changer le rapport de force pendant les négociations dans le secteur public et empêcher le dépôt d’une loi spéciale, croit la FAE. En Saskatchewan, le plus haut tribunal du Canada a invalidé en janvier une loi qui restreignait le droit de grève au profit de services jugés essentiels. «On est encore en train d’évaluer les effets de ce jugement», a dit Sylvain Malette.