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Compte à rebours pour la dernière famille de la rue May

Photo: Sylvain Ryan/TC Media

Thérèse Lemay et Jacques Labre sont les derniers résidents de la rue May, un secteur qui sera complètement rasé pour faire place à un accès au nouveau pont Champlain. À moins de trois mois de la démolition de leur maison, découragés, ils sont toujours en quête d’une nouvelle demeure.

En décembre 2014, le couple signe l’acte de vente avec le gouvernement fédéral. Depuis ce temps, il se cherche une demeure équivalente à Verdun. «Je suis découragée, je veux rester dans Verdun, mais ça me prend au moins un cinq et demi», soupire Mme Lemay.

Compte tenu de leur âge, Mme Lemay et M. Labre préféreraient acheter une maison sur un seul niveau. Mme Lemay dit en avoir vu à LaSalle, mais pas à Verdun.

Le couple Lemay-Labre vivait une retraite paisible dans le cottage de style victorien acheté en 1986. C’est dans cette maison centenaire, évaluée à 268000$, que Thérèse et Jacques ont élevé leur famille.

La tristesse de devoir quitter la demeure familiale, combinée à l’anxiété occasionnée par les difficultés à trouver une nouvelle maison, commence à nuire à la santé de Mme Lemay.

«Je ne faisais pas d’arythmie cardiaque avant. Mais mon cardiologue m’a annoncé récemment que j’en faisais», confie-t-elle, les larmes aux yeux.

Amertume

Amère, Mme Lemay estime que le maire de Verdun, Jean-François Parenteau, les a «laissés tomber», ajoutant que l’arrondissement aurait pu empêcher la démolition des maisons de la rue May.

Désolé de la réaction de Mme Lemay, le maire Parenteau affirme qu’il «ne pouvait pas empêcher le processus». Il ajoute toutefois que bien qu’on ne puisse pas monnayer le processus de deuil des gens, il a négocié pour les Labre afin d’obtenir le maximum d’argent incluant «les dommages moraux, dont Infrastructure Canada a tenu compte dans l’entente».

«Je ne voulais pas faire accroire qu’on pouvait empêcher le processus et faire changer d’idée sur le tracé de l’entrée du nouveau pont», explique le maire qui a rencontré plusieurs fois, les négociateurs fédéraux.

Trop de souvenirs pour rester à Verdun

Au total, 16 familles ont été touchées directement par l’élargissement de l’accès au nouveau pont Champlain. Parmi elles, les Golding-McDonnell qui habitent depuis 21 ans au 312, rue May, dont le déménagement a eu lieu le vendredi 27 mars.

Rencontré sur place, vendredi matin. Andrew Golding, conjoint de Margaret McDonnell, soupèse son départ: «De la rue May, je pouvais me rendre à pied à mon travail au centre-ville, même si c’est une bonne marche», dit-il en constatant l’éloignement de son travail d’informaticien avec la nouvelle résidence familiale à Saint-Laurent.

À propos de sa maison de la rue May, Andrew parle des objets qu’il a eu la permission de garder après entente avec Infrastructures Canada..« J’ai récupéré les boiseries au-dessus du foyer et je garderai le vitrail d’une fenêtre».

Pour sa part, Margaret McDonnell affirme faire son deuil de la rue May, non sans une certaine tristesse: «On s’est fait une idée depuis le temps» soupire-t-elle.

«On ne voulait pas demeurer à Verdun car il y a trop de souvenirs, trop de regrets sous nos yeux», confie Colin, l’aîné des garçons.

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