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17:09 26 juin 2015 | mise à jour le: 26 juin 2015 à 17:15

Concours Chapeau, les filles: faire sa place dans un milieu d’hommes

Concours Chapeau, les filles: faire sa place dans un milieu d’hommes
Photo: Collaboration spéciale

C’est pour fournir une alimentation durable en eau et en électricité aux communautés vulnérables que Jennifer Magher poursuit ses études dans un milieu toujours constitué majoritairement d’hommes: le département de génie mécanique de l’École polytechnique de Montréal.

L’étudiante s’est vu remettre une bourse de 3000$ dans la catégorie Excelle Science au 19ème gala national du concours Chapeau, les filles qui s’est tenu le 24 juin à l’Assemblée nationale.

«En 2014, j’ai pris la grosse décision de retourner aux études en génie mécanique», raconte-t-elle. Originaire de Beauce, Jennifer est arrivée à Montréal en 2009 pour réaliser des études en finances au HEC.

Sa passion pour la science a refait surface au Burkina Faso, alors qu’elle réalisait son stage de fin d’études dans l’industrie minière. «Être témoin de la construction de chantiers dans des zones arides, voir les efforts déployés pour réhabiliter les populations déplacées, alors que les ressources manquent sont toutes des choses qui ont ravivé ma flamme pour les sciences», raconte-t-elle.

En 2014, la proportion de femmes inscrites au baccalauréat en génie mécanique s’approchait du 18%. Ce qui, pour le moment, ne pose aucun problème à Jennifer.

«À la Polytechnique, c’est une bonne époque pour les femmes, soutient-elle. Le désir d’inclusion est grand et ça fonctionne puisque nous sommes de plus en plus nombreuses.»

Depuis, les évènements tragiques de 1989, le nombre de femmes a littéralement doublé. Les femmes sont représentées à 22% dans les différents baccalauréats.

«Armée de mon casque de construction, je prends des mesures sur les chantiers», raconte-t-elle en parlant du stage qu’elle réalise actuellement pour l’entrepreneur industriel Ganotec.

Bien que les hommes soient majoritaires sur les chantiers, elle ne voit pas la chose négativement, mais elle craint qu’une fois en poste elle soit confrontée au phénomène du plafond de verre.

«Ce problème n’est pas réglé, mais l’équation est simple, plus il y aura de femmes à la base, plus il y en aura dans les postes de direction éventuellement», souligne-t-elle.

Le jour de la Fête nationale, le ministre de l’Éducation de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, François Blais, a récompensé 56 femmes provenant de partout au Québec pour avoir fait le choix d’exercer des métiers traditionnellement masculins.