Le Plateau-Mont-Royal
18:09 7 juillet 2015 | mise à jour le: 7 juillet 2015 à 20:08 Temps de lecture: 3 minutes

Appartement ou gîte Airbnb? Une femme conteste son éviction

Appartement ou gîte Airbnb? Une femme conteste son éviction
Photo: Isabelle Bergeron/TC MediaLiliane Dufour est en attente d'une décision de la Régie du logement, son propriétaire demande l'éviction de la dame, afin d'agrandir ses logements.

Liliane Dufour, une locataire de 76 ans sur Le Plateau-Mont-Royal, conteste un avis d’éviction auprès de la Régie du logement du Québec, parce qu’elle craint que son appartement soit loué à des touristes sur Airbnb après son évincement, comme c’est le cas du logement situé au-dessus du sien.

Les propriétaires de l’immeuble de deux étages comptant six logements, situés du 4275 au 4287 rue De La Roche, ont envoyé des avis d’évictions aux locataires qui y habitaient pour cause de «modification pour agrandissement substantiel».

«Nous voulons convertir les logements pour faire des 7 et demi, ainsi que des 8 et demi, car il y a une demande pour de grands logements de ce genre dans le Plateau», explique François Cantin, l’un des copropriétaires.

Ils ont offert trois mois de loyer gratuit et des coûts «raisonnables» de déménagement aux locataires pour l’éviction. Cinq des six ménages ont accepté et ont quitté les lieux. Mme Dufour, elle, conteste.

«Je paie 825$ par mois et je n’ai pas les moyens de payer plus», dit-elle, ajoutant qu’elle ne peut pas débourser les quelque 300 $ de plus par mois qu’il lui faudrait pour rester dans le quartier.

Mais selon elle, son refus n’est pas motivé que par une question de sous. La septuagénaire craint que son logement soit mis en location sur le site de logement touristique Airbnb.

«Ils ont peinturé les étages au-dessus. On dirait qu’ils renippent pour les touristes. Je vois des visiteurs tous les jours, habitant le deuxième étage. Ils sont bien gentils, mais ce n’est pas la raison qu’on nous avait donnée pour l’éviction», soutient Mme Dufour.

Le journal Le Plateau a trouvé le profil d’un des logements de l’immeuble sur le site Internet Airbnb. Au tarif hebdomadaire indiqué sur le site, soit 720$ par semaine, les revenus potentiellement générés sont jusqu’à trois fois supérieurs au prix du loyer mensuel, qui variait entre 825 et 1025$, avant l’éviction des habitants.

M. Cantin, de son côté, confirme la location de l’appartement sur Airbnb. «Je ne suis pas en mesure de vous dire si nous continuerons de louer ce logement sur le site dans l’avenir, puisque je ne peux pas prédire le futur, explique le copropriétaire. Nous avons un seul logement sur le site et c’est parce qu’on ne peut pas laisser l’immeuble complètement vide, nous avons des paiements à faire», mentionne le copropriétaire.

Or, selon l’arrondissement, aucun permis de construction n’a été demandé pour le deuxième étage de l’immeuble, celui sur lequel se trouve l’appartement en location sur Airbnb.

L’arrondissement confirme toutefois qu’une demande de permis a été faite pour convertir trois logements en deux logements, au rez-de-chaussée et au sous-sol seulement, mais qu’elle est toujours à l’étude.

«Le permis n’est pas encore émis», explique le chargé de communications du Plateau-Mont-Royal, Michel Tanguay.

M. Cantin, lui, insiste : les propriétaires ont fait une demande pour les deux étages. «L’arrondissement a dû faire une erreur», conclut-il.

Mme Dufour est toujours en attente d’un verdict de la Régie du logement.

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