Montréal
16:11 18 août 2015 | mise à jour le: 28 septembre 2015 à 19:35 Temps de lecture: 4 minutes

Des inspecteurs attitrés à Uber?

Des inspecteurs attitrés à Uber?
Photo: Eric Risberg\Associated PressUber. Eric Risberg / The Associated Press

Les fonctionnaires de la Ville de Montréal ont autorisé la création de deux postes d’inspecteurs temporaires au Bureau du taxi de Montréal qui seront «affectés directement aux dossiers Uber».

C’est ce qu’on pouvait lire dans un dossier décisionnel de la Ville que Métro a consulté et qui indique que ces deux inspecteurs seront en poste dès le 31 août prochain. La création de ces deux postes «fait suite à l’octroi d’un budget afin de contrer Uber», précisait le dossier autorisé le 13 août.

Pour Guillaume Lavoie de Projet Montréal, c’est «une première dans l’histoire de l’administration publique» de cibler ainsi une compagnie privée à Montréal. «C’est très inquiétant parce qu’au moment où tous les acteurs, incluant le premier ministre du Québec, font montre d’ouverture, le maire Coderre et son administration se radicalisent dans un entêtement idéologique pour empêcher d’en arriver à une solution avec cette compagnie», a-t-il affirmé mardi.

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Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, s’est effectivement montré ouvert, samedi lors du congrès des jeunes libéraux, à l’idée d’encadrer par une loi le nouveau mode de transport de style UberX. Uber a également proposé mardi de verser à Québec une taxe spéciale de 10 cents par course pour l’utilisation de son service UberX à Montréal.

Guillaume Lavoie estime que la Ville s’expose à des poursuites «en profilant une compagnie privée».«Imaginez si vous avez un inspecteur et que vous dite que ce n’est pas un inspecteur pour les restaurants, mais c’est un inspecteur contre un restaurant spécifique, comme le Roi du hot-dog?

Sur l’heure du midi, mardi, la Ville a toutefois modifié le texte dans le dossier décisionnel. Il était dorénavant possible de lire que les deux inspecteurs seraient affectés «directement à la surveillance de moyens de transport illégaux».

Avant ce changement dans le libellé, le Bureau du taxi de Montréal avait indiqué à Métro qu’il n’avait pas pris connaissance de ce dossier décisionnel. Le conseil d’administration du Bureau du taxi avait donné son aval au printemps pour «augmenter les effectifs à la Direction inspection et enquêtes pour la lutte au transport illégal», s’est-il contenté d’indiquer. Le service des communications ne pouvait pas donner plus de détails sur le mandat des inspecteurs.

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«Il y a une reconsidération de l’industrie du taxi présentement, mais à ce que je sache, présentement, la définition même du taxi est claire, a ajouté le maire de Montréal, Denis Coderre, pour justifier la création de ces deux postes d’inspecteurs. Alors, le Bureau du taxi a un travail à faire: s’assurer qu’on puisse respecter les règles. Je suis tout à fait ouvert à l’encadrement. On n’est pas contre la technologie, mais on est pour un encadrement»

Questionné à savoir si la Ville ciblait spécifiquement Uber, le maire a répondu «pas du tout».

«Ce n’est pas de la radicalisation [d’ajouter des inspecteurs], c’est de l’application des règles qui existent. Si les règles sont changées, qu’il y a une nouvelle législation, et c’est ce qu’on espère présentement, pas de problème, on la changera. Mais ça doit se fait de façon inclusive. Ça n’arrive pas comme ça en disant “maintenant que je suis ici vous allez faire comme je pense”», a expliqué le maire.

 

Du côté de Uber, on reste ouvert à une futur règlementation «en faveur du covoiturage urbain», tout comme le premier ministre et le maire de Montréal. Ses représentants se disent heureux de la recentre déclaration de Philippe Couillard.

«Les Montréalaises et les Montréalais se sont clairement exprimés. Des milliers d’entre eux ont communiqué avec leur député de l’Assemblée nationale et avec le maire de Montréal pour leur dire qu’ils appuyaient le covoiturage urbain. De plus, un très récent sondage Léger a démontré que près de 70% des Montréalais n’appuient pas les actions des autorités municipales, notamment le remorquage des véhicules», indique Jean-Christophe De Le Rue, porte-parole de Uber Canada.

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